Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 2 Août 2019
( Lévites 23,1…37 – Matthieu 13, 54-58 )
Dans la 1ière lecture, l’auteur nous dresse un portrait des fêtes juives. Des fêtes importantes ! Elles occupaient 150 jours de l’année juive.
Jésus a vécu ces fêtes avec Marie et Joseph. Saint Luc nous dit que « chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de Pâque » (Luc 2,41)
Saint Jean nous raconte que Jésus était monté à Jérusalem pour la Fête des Tentes, mais en secret, qu’il est là à la fête de la Dédicace du Temple. On sait que Jésus a guéri le jour du sabbat, qu’il a prêché le jour du sabbat, comme il a vécu des débats avec les pharisiens sur le sens du sabbat.
Et puis, ces fêtes ont été une source d’inspiration pour nos fêtes chrétiennes. Pas difficile de faire un lien entre le jour du sabbat et le dimanche, entre la fête juive de Pâques et la fête de Pâques chrétienne, entre la fête des Tentes ou des moissons et notre fête de la Pentecôte.
Dieu avait choisi un peuple pour le former, l’éduquer, l’amener à accomplir sa volonté.
Dieu lui avait manifesté ses bienfaits tout au long de l’histoire, il l’avait libéré, nourri, abreuvé, accompagné. C’est cette intimité qu’il y avait entre Dieu et son peuple qu’on voulait manifester par ces fêtes. Ce que Dieu avait fait pour son peuple au cours de l’histoire, il continuait de le faire.
Aussi ces fêtes permettaient au peuple de manifester à Dieu sa joie et son bonheur comme on pouvait le voir tantôt dans le psaume : « Jouez, musiques, frappez le tambourin, la harpe et la cithare mélodieuse. « Sonnez du cor pour le mois nouveau, quand revient le jour de notre fête. »
On peut voir dans ces fêtes autant juives que chrétiennes comme une carte qui trace notre itinéraire spirituel qui nous conduit à la fête des Tentes ou de la moisson qui est pour nous la fête de la Pentecôte. J’explique.
La fête des Tentes rappelait aux Juifs qu’avant leur entrée dans la terre promise, ils avaient été libérés de l’esclavage, que pendant quarante ans, dans le désert, ils avaient dû vivre dans des Tentes ou des cabanes.
Cette fête leur rappelait qu’ils étaient des pèlerins sur la terre, que ce monde n’est pas leur véritable demeure et qu’ils étaient faits pour la terre promise, pour le Royaume des cieux.
Ainsi cette fête nous invite à mettre la priorité sur le but de notre voyage, l’entrée dans la Terre promise, la vie éternelle dans le Royaume des cieux.
On peut facilement comparer le but de notre cheminement spirituel au temps de la moisson.
Autant dire que, si on ne croit pas à la moisson, on ne peut rien comprendre aux desseins de Dieu. Tout le travail du fermier n’a de sens que s’il y a une récolte attendue. Tout son travail d’ensemencement, d’arrosage, de désherbage serait pure perte de temps sans récolte. Ainsi l’œuvre de Dieu ! Il ne cesse de travailler pour la moisson.
On le souligne de la préface du Sacré-Cœur que je vais proclamer tantôt : « Il fait naître les sacrements de l’Église, pour que tous les hommes attirés vers son cœur viennent puiser aux sources vives salut. »
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a comme un refrain qui revenait sept fois dans cette lecture : « Vous présenterez de la nourriture offerte pour le Seigneur. »
C’est bien ce que nous faisons au moment de l’offrande, « Toi qui nous donne ce pain… toi qui nous donnes ce vin. »
Pour nous soutenir sur la route vers le Royaume, et par la grâce de Dieu, « Il deviendra le pain de la vie… il deviendra le vin du Royaume éternel. »
