Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 26 Avril 2019 – Vendredi de Pâques
( Jean 21, 1-14 )
C’est toujours le Ressuscité qui prend l’initiative de la rencontre.
C’est lui qui apparaît à Marie-Madeleine qui le prend pour le jardinier ; c’est lui qui se révèle aux disciples d’Emmaüs qui le prennent pour un inconnu qui ne savait rien de tout ce qui s’était passé à Jérusalem.
Il en est encore ainsi dans l’évangile d’aujourd’hui : « Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. »
C’est sur le rivage du lac de Galilée que le Ressuscité rencontre ses apôtres.
Cet endroit, ils le connaissent très bien, c’est leur lieu de travail, même qu’ils ont repris leur travail de pêcheurs.
Remarquons qu’ils ont de la peine à reconnaître le Ressuscité comme les autres.
Au lieu de m’arrêter ce matin sur leur pêche miraculeuse ou sur le fait qu’ils deviendront des pêcheurs d’homme, je m’arrête plutôt sur certains aspects de la vie chrétienne qu’on trouve dans cet évangile.
Comme les apôtres, nous avons les bras pleins d’activités.
Ce ne sont pas les obligations qui manquent, mais elles n’arrivent pas à nous satisfaire pleinement. Souvent, fatigués, on a l’impression d’avoir pêché toute la nuit sans rien prendre, de revenir les mains vides, n’ayant pas trouvé ce qui pourrait nous rendre heureux.
S’adressant aux apôtres, « Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? »
Il pourrait bien nous poser une question semblable : « Avez-vous tout ce qu’il faut pour vous nourrir, vous combler intérieurement, spirituellement humainement ? »
Quels sont les besoins que nous avons et que le Christ peut habiter ?
Notre besoin de parler ou d’être écouté ? Trouver les bons mots pour réconforter ou besoin d’être réconforté ? De pardonner ou d’être pardonné ?
« Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »
Ça n’a pas dû être facile de retourner pêcher après avoir passé toute une nuit pour revenir bredouille au petit matin. Il fallait faire confiance et pas à peu près. Mais c’est à ce moment-là que les disciples ont pu pêcher 153 gros poissons.
Lorsque la vie nous paraît terne, décevante, insatisfaisante, se pourrait-il que le Ressuscité nous demande de revisiter ces situations, de jeter un nouveau regard sur notre quotidien, un regard habité par la confiance, un regard de foi ?
C’est à ce moment-là qu’on pourrait reconnaître des signes de la présence du Ressuscité dans notre vie de chaque jour.
« Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur! »
Aussitôt qu’il reconnaît le Ressuscité, Jean en fait part à Pierre. Son message s’est répandu, est allé plus loin puisqu’à la fin de l’évangile personne n’osait demander à Jésus « qui es-tu », « ils savaient que c’était le Seigneur. » Mais leur silence n’a pas des freins au projet de Dieu.
Comme il a fait lors de la multiplication des pains « Il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. »
C’est nous qu’il vient nourrir ce matin de son Corps et de son Sang.
« Rendez grâce au Seigneur : il est bon ! Éternel est son amour ! »
