Mgr J-C. Dufour-22 avril 2019-Lundi de Pâques-Matthieu 28, 8-15

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 22 Avril 2019 – Lundi de Pâques

 ( Matthieu 28, 8-15 )

 

« Puisqu’il nous a fait entrer dans un pays où coulent le lait et le miel, que sa louange soit toujours sur nos lèvres. » (Ex 13,5 .9)

Au lendemain de la fête de Pâques, l’Église nous ramène à l’expérience du peuple hébreu quand il est entré en terre promise.   Pendant 40 ans, ce peuple avait vécu péniblement dans le désert avant d’arriver dans un pays où coulaient le lait et le miel, le lait qui était symbole de prospérité et d’abondance et le miel, symbole de douceur et de bonté.
C’était la terre promise ! On ne pouvait pas trouver mieux !

 

Il en est ainsi de la résurrection de Jésus, le matin de Pâques, elle nous fait entrer dans un pays où coulent le lait et le miel, dans une terre promise, dans une terre nouvelle où se trouve une vie abondante et sans fin.
Pas étonnant dès lors que le Seigneur ressuscité soit notre force, notre lumière et notre amour !
Pas étonnant que le Ressuscité nous appelle à témoigner.

 

À la fin de l’évangile, les grands-prêtres et les anciens payent les soldats pour qu’ils portent un faux témoignage en disant que les disciples ont volé le corps de Jésus pendant la nuit.
Saint Matthieu prend soin d’ajouter : « Cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui. »
Ce qui nous rappelle que le Bon Dieu, comme le semeur, demande à ses serviteurs de laisser l’ivraie et le bon grain pousser ensemble jusqu’à la moisson. Il faisait ainsi confiance au bon grain pour que, comme les femmes de l’évangile, nous soyons témoins de sa résurrection.

 

Ces femmes qui ont été fidèles au Seigneur jusque dans les heures les plus sombres sont les premières appelées à témoigner, et d’abord auprès des apôtres. Ces femmes, insignifiantes aux yeux du monde, deviennent des témoins irremplaçables, pas à cause de leur rang social ou de leur talent, mais à cause de leur foi et de leur amour.

 

Le matin de Pâques, Marie Madeleine et l’autre Marie se rendent au tombeau. Un ange assis sur la pierre qu’il venait de rouler leur confie une mission : « Allez dire à ses disciples : « Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez. »
Il y a une chose qu’il faut bien remarquer. C’est après qu’elles se seront acquittées de leur mission que Jésus vient à leur rencontre.

 

Et il leur donne lui aussi la même mission que l’ange : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
C’est encore et seulement quand ils auront accueilli le témoignage des femmes que les disciples pourront voir Jésus.

 

Il en est toujours ainsi dans notre cheminement de foi.
Jésus nous prie d’accueillir d’abord le témoignage de l’Église et de ses messagers. C’est après qu’il viendra nous visiter, nous révéler qu’il est bien présent au fond de nos cœurs par son amour qu’il nous fait ressentir, par son amour qui s’imprime dans nos cœurs et par la paix qu’il nous donne de vivre.

 

Tantôt, prosternés à ses pieds comme les deux femmes au matin de Pâques, le Seigneur se donnera à nous dans l’Eucharistie.
Demandons-lui de nous illuminer au plus profond de nous-mêmes par la lumière de sa Pâque, comme il l’a fait pour elles ce matin-là.   Et que Dieu, le Père de Jésus et notre Père garde bien vivant en nous, grâce à l’Esprit saint, le témoignage qu’il rend à son Fils.