Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 13 Avril 2019
( Ézéchiel 37, 21-28 – Jean 11, 45-57 )
En lisant les deux lectures d’aujourd’hui, j’ai tout de suite remarqué le lien qui les unissait.
Le prophète Ézéchiel nous disait : « Ainsi parle le Seigneur Dieu. Je conclurai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle. »
Et saint Jean, de son côté nous dit de Caïphe : « il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. »
Conclure une alliance, rassembler dans l’unité, c’est là le grand dessein de notre Dieu, un dessein que nous évoquons chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie : « le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. »
Ce mot « alliance » prend souvent deux couleurs.
La plupart du temps, il évoque l’alliance entre les nouveaux mariés, une alliance basée au début sur des sentiments, sur l’amour qui unit, sur le désir de vivre ensemble pour toujours. Cette première couleur d’alliance, elle est là dans le projet de notre Dieu. Elle s’enracine dans son amour pour toute la création et pour les hommes et les femmes créés à son image. On n’a qu’à penser au livre du prophète Osée qui nous décrit l’alliance de Dieu en termes de fiançailles ou d’épousailles.
Mais parfois, l’alliance ne laisse aucune place aux émotions ou aux sentiments parce qu’elle veut être un pacte, un contrat signé en bonne et due forme devant témoins.
Je pense, par exemple, aux pays en guerre qui entreprennent des démarches pour signer un traité de paix. Le fait de signer une telle alliance lui donne une force, indique le sérieux de l’engagement. On peut voir là encore l’alliance de Dieu. Quand Jésus donne sa vie pour rassembler les enfants de Dieu dispersés, on comprend que ça ne veut pas être plus sérieux.
Faire mémoire d’alliance.
Faire mémoire d’alliance, c’est revoir la longue histoire des relations entre Dieu et les êtres humains de tous les temps ; c’est revoir cette histoire d’amour qui était faite de promesses, d’engagements, de trahisons, une histoire d’amour qui traduit la grandeur et la petitesse du cœur humain, mais surtout l’infinie patience de notre Dieu qui, tout au long de l’histoire, a invité les humains à vivre en communion avec lui. Cette longue histoire nous apprend que Dieu n’a jamais voulu voir le mal faire échec à son projet.
Il nous reste une question.
Comment accueillons-nous le projet d’alliance, le projet de communion de notre Dieu ?
Comment nous engager avec lui et les uns avec les autres pour vivre cette communion ?
Pour y arriver, il n’y a qu’une seule réponse, consentir intérieurement à nous convertir.
Cette alliance que Dieu nous offre est d’abord un don à accueillir, ce qui signifie que la première chose à faire, c’est de prier le Seigneur de nous donner un cœur capable d’accueillir le don qu’il veut nous faire.
Un jour, Jésus avait été invité aux noces à Cana, des noces qui risquaient de tourner à la catastrophe faute de vin.
Suite à l’intervention de sa mère, il procure un vin délicieux, en abondance en plus.
Premier signe de Jésus, nous dit saint Jean. Les noces de Cana viennent nous dire le projet que Dieu vient réaliser en Jésus avec l’humanité. C’était là un signe de la gloire à venir de Jésus, signe de son heure qui est celui de la résurrection, signe d’une alliance nouvelle et éternelle dont nous faisons mémoire dans l’Eucharistie.
Que notre communion au Corps du Christ nous fasse participer à son Alliance jusque dans la résurrection. Alors l’alliance entre Dieu et ses enfants se réalisera pleinement.
