Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 5 Avril 2019
( Jean 7, 2.10.14.25-30 )
Étonnants les textes d’aujourd’hui !
Peu à peu, la liturgie nous prépare à la grande semaine, à la sainte semaine. La première lecture nous parle de la mort du juste. Dans l’évangile, on voit que les ennemis de Jésus s’acharnent de plus en plus contre lui. On sent que l’étau de l’incompréhension et de la haine est en train de se refermer sur lui et que tout va finir par son arrestation, son procès et sa mort.
C’est incroyable comment on peut reconnaître Jésus dans le juste dont nous parle le livre de la Sagesse.
C’est lui le juste qui contrarie, qui reproche de ne pas respecter l’esprit de la Loi, qui prétend posséder toute la connaissance de Dieu, qui est un démenti pour nos idées, qui mène une vie hors du commun.
C’est lui qui nomme Dieu son Père en le priant de venir à son secours. Ce juste fidèle et intègre, comme Jésus, devient comme un reproche perpétuel pour ceux qui sont loin du Seigneur.
Toutes les oppositions qu’on voit dans l’évangile nous font pressentir, elles aussi, le drame qui approche : Jésus monte à Jérusalem en secret et le voilà qui enseigne ouvertement dans le Temple ; les autorités cherchent à le faire mourir, mais la foule le tient pour le Messie. On prétend savoir d’où il est et pourtant personne ne le sait.
« Celui que vous prétendez connaître, vous ne le connaissez pas. Moi je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »
Les gens croient savoir d’où vient Jésus, de Nazareth, mais avant de venir de Nazareth, il venait de Dieu. C’est tout son mystère.
Dès le premier chapitre de son évangile, saint Jean dira : « Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. »
Celui qui est menacé dans l’évangile, c’est celui qui est passé en faisant le bien, c’est celui qui a guéri les malades, qui a pardonné comme personne n’avait su le faire, qui a éclairé les cœurs.
Celui qui est menacé dans l’évangile, c’est Celui en qui nous croyons, le propre Fils de Dieu, Celui en qui le Père a mis toute sa complaisance.
Celui qui est menacé dans l’évangile, c’est celui qui, à nos yeux, est plus grand que toutes nos limites d’hommes, plus fort que toutes nos faiblesses, plus riche que toutes nos misères.
Et c’est justement pour ces raisons et parce qu’il vient d’un autre pays, du pays de Dieu, que nous pouvons l’écouter nous parler de vie et d’espérance, croire qu’il peut transformer nos tristesses en joie, nous redonner le goût de vivre, et nous rendre heureux dans un don qui ressemble au sien.
