Mgr J-C Dufour-29 Mars 2019-Marc 12, 28b -34

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 29 Mars 2019 

( Marc 12, 28b -34 )

 

« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu »

Dernière semaine du ministère de Jésus !
Ses ennemis s’acharnent à lui poser des questions pour le mettre à l’épreuve. Saint Matthieu qui nous raconte la même scène dit que la question posée à Jésus vient des pharisiens qui s’étaient réunis pour essayer de trouver la meilleure question à poser. Ensuite, il fallait trouver la bonne personne pour la poser à Jésus. Apercevant un des scribes les plus brillants de Jérusalem, ils le choisissent. Ils ne savent pas que ce même scribe venait tout juste d’être impressionné par la réponse que Jésus avait donnée à propos de la résurrection de la femme qui avait eu sept maris.

 

Alors le scribe s’avance vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Ensuite, en ses propres mots, il reprend la réponse de Jésus en reconnaissant qu’il dit vrai. Ceux qui avaient envoyé le scribe poser la question à Jésus n’ont pas dû être très heureux du résultat obtenu. Ce qui est très intéressant, c’est la conclusion du scribe qui déclare que ce commandement « vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Cet homme-là reconnaît que la base, le pilier, ce qui est premier dans l’enseignement de Jésus, c’est l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Tout le reste vient après.

 

Jésus reconnaît que le scribe a donné une bonne réponse ; il lui déclare : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
« Tu n’es pas loin ! », une façon de dire au scribe : « Tu as encore du chemin à faire. »

 

Commentant cet évangile, le pape François disait qu’en faisant cette affirmation, Jésus a voulu dire au scribe :
« Tu connais bien ce qui est premier, mais c’est encore une théorie pour toi, il faut maintenant que tu mettes ce commandement en pratique, que tu continues d’avancer vers le Royaume de Dieu en transformant ce commandement en réalité. »

 

Le scribe connaissait le premier des commandements, il reconnaissait ce qui était dans la Loi, ce que les prophètes avaient dit, mais il ne reconnaissait pas que Jésus était le Christ, « celui qui est la grâce de Dieu pour apporter le salut aux hommes », disait saint Paul à Tite. (Tite 2, 11)

 

« Et personne n’osait plus l’interroger »
parce que la réponse du scribe affirmant que le premier commandement passe avant tous les holocaustes et les sacrifices, rappelle aux Juifs les paroles du prophète Osée :
« Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. » (Osée 6,6)
ou encore celles du prophète Amos qui disait : « Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je ne les accueille pas ; vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde même pas. » (Amos 5,22)
Les Juifs avaient peut-être peur que ce soit la fin des sacrifices et des holocaustes. Pas question d’aller plus loin dans la discussion !

 

Nous pouvons bien ressembler à ce bon scribe.
Comme lui, nous connaissons le plus grand des commandements depuis longtemps, mais en plus et contrairement à lui, nous reconnaissons « celui qui est la grâce de Dieu pour apporter le salut aux hommes .»
Pourtant nous reconnaissons souvent, dans nos préparations pénitentielles, que nous avons toujours du chemin à parcourir, que nous avons du mal à passer des belles idées aux gestes concrets, bien du mal à suivre Jésus sur le chemin de la croix.

 

Commentant cet évangile, le pape François, reconnaissant que c’était difficile concluait en nous invitant à prier le Christ.
Faisons nôtre sa prière qui est toute simple :

 « Seigneur, tu es si bon,
 enseigne-nous la route
pour que, chaque jour,
nous soyons moins loin du Royaume de Dieu. »