Mgr J-C Dufour-11 Mars 2019-Lévites 19, 1-2.11-18–Matthieu 25, 31-46

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 11 Mars 2019 – 1er Lundi du Carême

( Lévites 19,1-2.11-18 – Matthieu 25, 31-46 )

 

« Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. »

Ces mots de Dieu à Moïse nous disent quelle est notre vocation fondamentale, devenir des saints, revêtir le vêtement de noces. (Mt 22,1-14)
Notre vocation ?
Imiter Dieu et le suivre Jésus comme il le demandait à ses disciples.
Notre vocation ?
Être à l’image et à la ressemblance de Dieu, vivre en sa compagnie pour l’éternité.

 

Tout ça « car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. »
On sent qu’avant de nous demander quelque chose, Dieu prend la peine de nous dire qui il est : « Le Seigneur, votre Dieu»

 

On peut comprendre alors que la première chose à faire, c’est d’apprendre ou de nous rappeler qui est notre Dieu.
Déjà l’Ancien Testament nous le présentait comme un « Dieu lent à la colère et plein d’amour. »
Jésus nous redit la même chose d’une manière imagée : « Dieu fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, et tomber sa pluie sur les justes et sur les injustes. » À l’époque, et le soleil et la pluie étaient considérés comme des bénédictions de Dieu.
Je comprends que pour être saint, il faut d’abord et avant tout accueillir l’amour qui est en Dieu, un amour qui est pour nous afin de rayonner et le communiquer par la suite.

 

Le pape François disait que, même si nous sommes des gens de peu de foi, le Seigneur est toujours là, nous appelant inlassablement à lui et ne cessant jamais de nous pardonner. Avec des moyens pauvres, le Seigneur est capable de réaliser des merveilles ; il est bien capable de nous appeler à sa propre sainteté qui n’est pas autre chose que son amour et sa douceur.

 

Vous avez remarqué qu’à la fin de chacun des paragraphes de la première lecture, Dieu nous redit son nom : « Je suis le Seigneur. »
Pourquoi ?
Parce que tout ce qui précède où il nous dit ce qu’il veut de nous, c’est en lui qu’on le trouve d’abord. C’est lui, le premier, qui n’exploite pas les gens ; c’est lui, le premier, qui ne maudit pas les sourds ; c’est lui, le premier, qui ne favorise pas les puissants, c’est lui qui ne déteste pas son frère, c’est lui qui ne garde pas de rancune. C’est lui, le premier, qui aime le prochain comme lui-même, ce qu’on voit d’une manière parfaite en Jésus.
Dieu est amour, et la caractéristique des saints, c’est l’amour. On peut le voir dans leur histoire et dans les textes liturgiques que nous avons quand nous les célébrons.

 

On pourrait bien penser suite à tout ça, que devenir des saints, ça veut dire faire partie d’un groupe de célébrités, parvenir au temple de la renommée des plus grands serviteurs du Seigneur.
Pourtant, c’est souvent le contraire.
Désirer devenir des saints, c’est désirer la sainteté ordinaire des petits, de ces petits qui se laissent aimer comme des enfants, et qui en sont tellement heureux que, malgré toutes leurs faiblesses, ils cherchent à aimer comme Dieu les aime.