Mgr J-C Dufour-4 janvier 2019-Jean1-35-42

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 4 Janvier 2019

( Jean 1, 35-42 )

 

« Voici l’Agneau de Dieu. »

Depuis quelques jours, nous écoutons le chapitre 1 de l’évangile selon saint Jean. On voit tout de suite que saint Jean accorde beaucoup d’importance à Jean le Baptiste. La première personne à être nommé après Dieu et le Verbe dans ce chapitre, et déjà au verset 6, c’est le précurseur. « Il y eut un homme envoyé par Dieu, son nom était Jean. »

 

Le prophète avait d’abord annoncé la venue et la présence du Messie qui était déjà là.
Ensuite, au moment où il baptise Jésus, il reçoit toute une révélation : « Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui ».
Révélation tellement grande que le prophète ouvre d’abord les yeux de son cœur pour ensuite ouvrir la bouche. La seule chose qui comptera désormais pour lui, c’est de révéler l’identité de Celui qu’il vient de baptiser dans le Jourdain ; son nom est « L’Agneau de Dieu ».

 

Voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste révèle à deux de ses disciples que Jésus est l’Agneau de Dieu, ce qui entraîne leur départ puisqu’ils se mettent à suivre Jésus.
On voit que Jean le Baptiste s’efface peu à peu alors que Jésus entre en scène.
Désormais, la même révélation ira d’un disciple à l’autre. On le voit tout de suite ! André va trouver Simon, son frère en lui disant : « Nous avons trouvé le Messie ».

 

À deux moments, Jean le Baptiste utilise des images d’animaux pour nous parler de l’envoyé de Dieu. Il dira d’abord :
« J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. » (Jean 1,32)
Et dans l’évangile de ce matin, il dit à deux disciples : « Voici l’Agneau de Dieu » : (Jean 1,36) des images de douceur et de non-violence.
L’envoyé de Dieu ne sera pas quelqu’un qui va miser sur le pouvoir ou sur l’autorité pour nous révéler déjà un Dieu qui se veut amour.
Ça veut dire qu’on ne pourra jamais, comme lui, forcer quelqu’un à croire.

 

Le titre « d’Agneau de Dieu » que nous répétons le plus souvent depuis vingt siècles demeure toujours mystérieux, mais il évoque des souvenirs bibliques qui sont très riches.

 

On ne peut pas oublier que le peuple de Dieu qui vivait en esclavage en Égypte immolait un agneau pour la Pâque. On prenait du sang de cet agneau, on en mettait sur les montants et le linteau des portes, et on était sauvé de l’exterminateur.

 

Le prophète Isaïe, de son côté, décrivait le serviteur souffrant comme « l’agneau de Dieu qui se laisse conduire à l’abattoir », comme celui qui sera « transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes ». (Isaïe 53,5-11)

 

Le dernier livre de la bible, l’Apocalypse, nous parle de l’Agneau de Dieu en disant : « Et j’ai vu, entre le Trône, les quatre Vivants et les Anciens, un Agneau debout, comme égorgé ; ses cornes étaient au nombre de sept, ainsi que ses yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés sur toute la terre. » (Ap 5,6) Nous avons là l’image d’un agneau sans défense, mais investi par Dieu d’un pouvoir extraordinaire.

 

C’est toute une révélation que nous fait le plus grand des prophètes puisqu’il nous révèle en profondeur qui est le Messie, qui est Jésus, qui est Celui qui nous rassemble ce matin pour l’Eucharistie : « L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » Toute une image qui peut habiter notre méditation pendant la journée.