Mgr J-C. Dufour-25 décembre 2018-Messe de la nuit de Noël-Luc2,1-14

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

NOËL : NATIVITÉ DU SEIGNEUR

HOMÉLIE : 24 Décembre  2018 – Messe de la nuit de Noël

Luc 2, 1-14 )

Messe du Jour de Noël
Homélie publiée au bas de cette page.

 

Vous connaissez le chant : « Peuple fidèle, le Seigneur t’appelle : c’est fête sur terre, le Christ est né. Viens à la crèche voir le roi du monde. »
Après ce premier couplet, nous entonnons le refrain : « En lui viens reconnaître, ton Dieu, ton Sauveur. »

 

Remarquez bien d’abord comment saint Luc prend bien soin de nous dire que cet enfant qui vient de naître dans une crèche est un enfant comme tous les autres. Il est né au temps de l’empereur Auguste ; Quirinius était gouverneur de la Syrie. Sa mère s’appelait Marie ; elle était mariée à un homme qui descendait de David qui s’appelait Joseph. Tout pour bien nous faire comprendre que Jésus est bien un humain, né en Israël à une époque bien précise. Saint Luc nous plonge en plein mystère de l’Incarnation.

 

En commençant à écrire, il nous dit : « J’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi. » (Luc 1,3)Il a sans doute rencontré Marie qui lui a confié ses souvenirs.
Tout pour nous faire comprendre encore que Jésus ne tombe pas du ciel comme un extra-terrestre qui atterrirait parmi nous. Il est vraiment un homme, un de nous, pleinement humain, naissant dans des circonstances bien précises.

 

« En lui, viens reconnaître ton Dieu, ton Sauveur ».
Déjà, dans l’évangile de ce matin, Dieu annonçait à David qu’il aurait un descendant bien spécial, en ajoutant « Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils ».
Et puis, l’ange Gabriel avait annoncé à Marie que cet enfant semblable aux autres sera aussi le Fils du Très-Haut. Sa vieille cousine l’avait reconnu elle aussi. En entendant la salutation de Marie qui arrivait chez elle pour l’aider, elle s’écrie. « Comment se fait-il que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »
Vraiment, dans cet enfant qui ressemble à tous les autres, nous sommes appelés à reconnaître notre Dieu, notre Sauveur.

 

On pourrait dire de cet enfant qui vient de naître qu’elle ressemble à une semence. Dans la semence, on ne voit pas encore l’arbre et pourtant il est déjà là ; dans la semence, on ne voit pas le fruit et pourtant il est déjà là. Ainsi cet enfant est porteur de tout un avenir, lui l’enfant de Bethléem sera le Sauveur du monde. Tout ce que les gens voient à ce moment-là, c’est un enfant entouré d’une mère et d’un père affectueux qui le couvrent, le bercent, le nourrissent. Mais pour ceux qui le regardent avec les yeux de la foi, comme les bergers, il y a beaucoup plus.

 

Enveloppés de la gloire du Seigneur, un ange leur annonce qu’un sauveur vient de naître. Vous le trouverez couché dans une mangeoire. Dans la foi, ils ont accueilli le chant des anges et ont quitté leurs pâturages avec leurs troupeaux pour se mettre en route. Remplis de joie, ils ont découvert cet enfant dans la grotte de Bethléem et se sont prosternés devant lui. Comme les bergers, nous sommes invités à reconnaître dans cet enfant, notre Dieu, notre Sauveur.

 

Chaque année, nous nous rassemblons pour nous rappeler que l’enfant de Bethléem est un don merveilleux de Dieu pour toute l’humanité. Lui, le Prince de la Paix, il apporte la paix au monde. Comme les bergers, nous sommes là pour adorer simplement le Fils de Dieu, fait homme pour nous sauver comme l’ange Gabriel l’avait annoncé à Marie. (Luc 1, 35)

Ce soir, nous sommes invités à croire comme Marie et Joseph, comme les bergers.
Sans laisser de côté nos activités de Noël, profitons de ce moment d’intériorité qui nous est offert dans l’eucharistie, pour redire à Dieu notre foi et notre Action de grâces pour l’amour qu’il a manifesté en Jésus, Celui que Dieu a choisi pour répandre l’amour et la paix dans nos vies, dans nos familles et dans le monde. Une mission qui n’est pas toujours facile tellement les obstacles sont nombreux.

 

« En lui viens reconnaître, ton Dieu, ton Sauveur. »

Que cette messe soit pour nous un véritable Joyeux Noël, parce qu’elle nous rassemble autour de Celui qui est le plus beau cadeau que Dieu pouvait nous faire et que nous pouvons partager en communiant au Corps et au Sang du Christ, en l’adorant et en lui disant comme l’apôtre saint Thomas :

« MON SEIGNEUR ET MON DIEU ».

 

 

 

Messe du Jour de Noël

NOËL : NATIVITÉ DU SEIGNEUR

HOMÉLIE : 25 Décembre  2018 – Messe du jour de Noël

Jean 1, 1-18 )

 

Saint Jean vient de nous dire : « Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, Il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu… Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » Âgés de quelques jours à peine et peut-être même le jour de votre naissance pour quelques-uns d’entre vous, nous avons été baptisés, nous sommes nés de Dieu, nous sommes devenus enfants de Dieu. C’est beau ! C’est même merveilleux, et pourtant…

Au mois d’octobre, j’ai proclamé la 4e préface des dimanches. Il y a une petite phrase de cette préface qui n’a pas cessé de m’habiter depuis ce moment-là : « En naissant parmi les hommes, il les appelle à renaître ». Si nous sommes devenus enfants de Dieu par le baptême, ça ne veut pas dire que tout est terminé, nous avons à devenir enfants de Dieu. Saint Jean nous le disait : « à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu. » Nous devenons enfants de Dieu quand nous acceptons Jésus et que nous croyons en lui.

Ce jour de Noël 2018 vient nous rappeler à nouveau qu’en naissant parmi les hommes le Christ nous appelle à renaître. Le bon vieux Nicodème a eu bien du mal à le comprendre alors que les apôtres en ont fait l’expérience après avoir été inondés de l’Esprit, le matin de la Pentecôte. Jésus l’avait dit à Nicodème : « Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. »

« En naissant parmi les hommes, il les appelle à renaître. » Les apôtres n’ont cessé de le rappeler à ceux et celles qu’ils avaient évangélisés. Saint Paul, par exemple, s’est évertué à le faire comprendre aux Galates quand il leur dit : « Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs […] c’est l’œuvre de Dieu. […] Mais maintenant que vous avez connu Dieu – ou plutôt que vous avez été connus par lui – comment pouvez-vous de nouveau vous tourner vers ces forces inconsistantes et misérables, dont vous voulez de nouveau être esclaves comme autrefois ? (Galates, 4,6-9)

 

Nous avons toujours besoin de renaître. Nous allons le demander dans la prière universelle tantôt en répondant : « Que ta parole renaisse dans nos cœurs ». Qu’est-ce que ça veut dire, « renaître » ? Je termine avec un beau texte du pape François, un texte rempli de fraîcheur qui nous le dit

Noël, c’est toi
Quand tu décides de renaître chaque jour
Et de laisser dieu pénétrer ton âme.

Le sapin de Noël, c’est toi
Quand tu résistes vigoureusement
Aux vents et aux obstacles de la vie.

Les décorations de Noël, c’est toi
Quand tes vertus sont les couleurs
Qui ornent la vie.

La cloche qui sonne Noël, c’est toi
Quand tu invites à se rassembler,
Et tentes de réunir.

Tu es aussi la lumière de Noël
Quand tu éclaires de ta présence
Le chemin des autres
Par ta bonté, ta patience, ta joie et ta générosité.

Les anges de Noël, c’est toi
Quand tu chantes au monde
Un message de paix, de justice et d’amour.

L’étoile de Noël, c’est toi
Quand tu conduis quelqu’un
À la rencontre du Seigneur.

Tu es aussi les Rois Mages,
Quand tu offres ce que tu possèdes de mieux
Sans tenir compte de celui à qui tu donnes.

La musique de Noël, c’est toi
Quand tu te comportes en véritable ami,
En frère avec tous les êtres humains.

Les voeux de Noël, c’est toi
Quand tu pardonnes et rétablis la paix,
Même si tu souffres.

Le réveillon de Noël, c’est toi
Quand tu rassasies de pain et d’espérance
Le pauvre qui est auprès de toi.

Tu es la nuit de Noël
Quand, humble et éveillé, tu reçois
Dans le silence de la nuit
Le sauveur du monde
Sans bruit ni grande célébration ;
Tu es le sourire confiant et tendre
De la paix intérieure d’un Noël éternel
Qui instaure son royaume en toi.
Joyeux Noël à tous ceux
Qui se reconnaissent dans l’esprit de Noël.

(Texte prononcé par le Pape François
lors d’une homélie.)