Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 12 Décembre 2018 – Notre-Dame de Guadalupe
( Luc 1, 39-48 )
Il est question de signes dans les lectures aujourd’hui : « Un signe grandiose apparut dans le ciel », « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur, ton Dieu », « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe. »
Il y a des moments dans nos vies où on fait preuve d’une confiance aveugle, et, à d’autres moments d’une profonde incrédulité. Aussi, parfois, on se rend compte qu’on a été trompé et, parfois encore, on prend conscience qu’on est passé juste à côté de quelque chose de bien important. C’est pourquoi, souvent, nous avons besoin de signes. Par exemple, l’acheteur veut avoir la preuve que le produit qu’on lui présente est le meilleur. La fiancée dira à son futur « prouve-moi que tu m’aimes… »
S’ils font partie de notre vie, les signes font aussi partie de notre vie de foi. Le Bon Dieu sait bien qu’il doit parler par signes pour que les humains comprennent. Nous en avons un bel exemple aujourd’hui.
Le 12 décembre 1531, la Vierge Marie apparaît à Juan Diego pour lui demander d’aller trouver l’évêque et lui demander de construire une église en ce lieu, mais l’évêque ne le croit pas et lui suggère de demander un signe pour bien prouver que c’était une demande de Marie. Lors d’une deuxième apparition, la Vierge Marie demande à Juan Diego d’aller cueillir des roses sur la colline alors que c’était l’hiver pour aller ensuite les présenter à l’évêque. Lorsque les roses tombent de sa tunique devant l’évêque, une icône de la Vierge reste imprimée sur le tissu. L’évêque est alors convaincu.
Marie n’a pas demandé de signe à l’ange, mais l’ange lui en donne un en lui annonçant sa cousine Élisabeth, déjà âgée, est enceinte alors qu’on l’appelait la femme stérile. Sa cousine est enceinte, elle a besoin d’aide et Marie se met en route pour aller l’aider. Élisabeth reçoit un signe à son tour : quand elle entend la salutation de Marie, son enfant bouge en elle et elle déclare « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »
Mais les signes ne suffisent pas toujours, parfois, il faut un peu plus. Si Élisabeth peut interpréter le mouvement de son bébé en elle comme un signe que Marie est la mère du Seigneur, c’est parce qu’elle est croyante. Elle entend Dieu lui parler par le biais de quelque chose de tout petit, qui pourrait passer inaperçu et qu’elle est la seule à ressentir.
Vous vous rappelez cet évangile où les pharisiens demandent un signe à Jésus. Jésus leur avait répondu qu’ils étaient capables de prédire la température du lendemain avec des signes. « Ainsi l’aspect du ciel, vous savez l’interpréter ; mais pour les signes des temps, vous n’en êtes pas capables. Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais en fait de signe, il ne lui sera donné que celui de Jonas. » (Mt 16,1-4)
Il faut dire que le Bon Dieu n’aime pas se donner en spectacle. Il est plutôt discret.
Il se révèle au prophète Élie comme un dieu de tendresse et de fidélité dans une brise légère.
Il se manifeste aux mages non pas en plein soleil, mais par une étoile.
Et parfois il parle sans se faire reconnaître tout de suite comme pour les disciples d’Emmaüs.
Le bon Dieu nous parle encore aujourd’hui par de signes. Seulement dans la liturgie, il y a plein de signes qui sont aussi bien discrets. Il nous faut le regard de la foi pour les voir et les comprendre.
Les signes ont conduit Marie et Élisabeth l’une vers l’autre en leur permettant une rencontre inoubliable traduite par le Magnificat de Marie.
En cette deuxième semaine de l’Avent, ouvrons nos cœurs aux signes que Dieu nous fait, ils nous conduiront vers nos frères et nos sœurs et nous donneront de rendre grâce dans l’Eucharistie.
