Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 Décembre 2018
( Luc 5, 17-26 )
La détresse qui était si grande depuis la victoire des envahisseurs est disparue.
Les exilés rentrent au pays. Dans cet événement, le prophète voit l’œuvre de Dieu ; pour lui, le Seigneur a accompli sa promesse.
« Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec les cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.»
Tout un chant de délivrance dans la première lecture. Tous pouvaient chanter comme le psalmiste « Voici notre Dieu qui vient nous sauver. »
Si le prophète et les exilés ont pu voir l’œuvre de Dieu dans cet événement, à d’autres moments, on constate que ce sont des personnes qui agissent au nom de Dieu.
C’est au nom de Dieu que Moïse pouvait accomplir des prodiges devant les magiciens du Pharaon. (Ex, 8,15)
C’est par la puissance de Dieu que Paul pouvait ordonner à un esprit mauvais de sortir d’une femme qu’il rendait prisonnière. (Ac 3,6) Pierre et Jean montent au Temple pour prier; un infirme leur demande l’aumône.
« Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais je que j’ai, je te le donne : AU NOM DE JÉSUS CHRIST, le Nazaréen, lève-toi et marche », et l’infirme fut guéri. (Actes 3,2-7)
Toujours au nom de Dieu !
L’évangile va encore plus loin.
Des porteurs descendent devant Jésus un homme qui était paralysé.
Jésus ne parle pas au nom de Dieu, n’agit pas au nom de Dieu comme Moïse, Paul ou Pierre. Il parle de sa propre autorité : tes péchés sont pardonnés ; prends ton brancard et marche. C’est tellement nouveau de voir Dieu lui-même parler et agir en personne en Jésus que la foule est saisie de frayeur et d’étonnement.
Sur la parole de Jésus qui ne parle pas au nom de Dieu, mais en son propre nom, l’infirme
« se releva devant eux. Il prit ce qui lui servait de lit, et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. »
Le prophète avait annoncé « Alors le boiteux bondira comme un cerf », sa parole se réalise en Jésus.
Jésus est si heureux de voir qu’un infirme, porté par des croyants, le découvre pour ce qu’il est vraiment, qu’il ne se laisse pas déranger par les racontars ou les paroles malveillantes des scribes et des pharisiens. Le Christ ne se fatigue jamais de nous exprimer la joie qu’il a de nous voir le reconnaître comme le Fils de Dieu.
Dom Vital Lehodey disait que le temps de l’Avent, c’était un temps qui nous était donné pour qu’on puisse découvrir, comme les porteurs de l’infirme, que Jésus se révèle comme un Père par le dévouement et comme une mère par sa tendresse.
L’invitation à la joie était partout ce matin.
Elle était là dans les mots du prophète : « Que le pays exulte et crie de joie », « la bouche du muet criera de joie », « Ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie ».
Dans l’évangile, le paralysé « s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. Tous furent saisis de stupeur et rendaient gloire à Dieu » en déclarant « nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui. »
On peut se reconnaître dans la foule qui est là,
on peut se reconnaître dans les porteurs de l’homme paralysé,
on peut se reconnaître dans l’homme paralysé,
et finalement on peut reconnaître Jésus dans ce qu’il fait pour nous.
Puisse ce temps de l’Avent nous permettre d’entrer dans la joie du Messie !
