Mgr J-C Dufour-8 décembre 2018-Immaculée Conception-Luc 1 26-38

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 Décembre 2018 – Solennité de l’Immaculée Conception

( Luc 1, 26-38 )

 

Au commencement du monde, déjà, Dieu annonce qu’une femme remportera toute une victoire sur les forces du mal, et qu’ainsi, cette femme jouera un rôle unique dans l’histoire du salut.
« Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon »(Gen 3,15)
Si Ève a échoué au commencement du monde, Marie, la mère de Jésus et notre mère, sera la porte qui permettra à Dieu de ramener l’humanité pécheresse sur le chemin de la grâce.

 

Ça vient nous rejoindre déjà !
S’il y a une partie de nous qui continue d’agir comme la première Ève, il y a une autre en nous qui opère à la manière de Marie. Si nous sommes les rejetons de la première Ève, par la grâce de notre baptême, nous faisons partie de la descendance spirituelle de Marie, de cette femme marquée de la bienveillance de Dieu dès sa conception.

 

Pour préparer mon homélie, j’ai consulté le livre de Georges Madore intitulé « La Mère de mon Seigneur ». J’ai lu un extrait que j’ai trouvé très beau et que je veux vous partager. Je cite.

 

« Luc nous montre de quoi le monde juif s’enorgueillissait : Jérusalem, cité de David, le temple, demeure de Dieu, Zacharie et Élisabeth, modèles des juifs pieux. Ensuite, Luc nous transporte à l’autre bout du pays, dans une ville dont on ne sait rien, devant une personne dont on ne sait rien non plus. C’est un plongeon dans l’ordinaire. Une ville ordinaire, une femme ordinaire, une vie ordinaire…

« Luc nous montre de quoi le monde juif s’enorgueillissait : Jérusalem, cité de David, le temple, demeure de Dieu, Zacharie et Élisabeth, modèles des juifs pieux. Ensuite, Luc nous transporte à l’autre bout du pays, dans une ville dont on ne sait rien, devant une personne dont on ne sait rien non plus. C’est un plongeon dans l’ordinaire. Une ville ordinaire, une femme ordinaire, une vie ordinaire…

Cette petite femme, sans titre aux yeux des hommes, était extraordinaire aux yeux de Dieu. Car son cœur était ouvert, rempli d’une telle confiance que Dieu la voyait prête à le suivre dans une incroyable aventure.

  • Elle est déjà fiancée. Et Dieu lui dit :
    « Veux-tu devenir ma fiancée ; unir ta vie et ton destin aux miens, que nos deux histoires n’en fassent plus qu’une ?
  • Elle veut être la mère des enfants de Joseph. Et Dieu lui dit :
    « Veux-tu être la mère de mon Fils et ainsi me donner d’être père de tous les hommes ?
  • Elle se préparait à une vie calme et tranquille. Et Dieu lui dit :
    « Veux-tu me laisser entrer dans ta vie pour provoquer l’événement qui changera le monde ?
    Veux-tu embarquer dans ce projet qui bouleversera ta vie ?
    Veux-tu prendre avec moi une route imprévisible et te laisser conduire par mon Esprit, dans la confiance et l’abandon total ?

 

Et la jeune fille, parce qu’elle n’a rien, peut tout recevoir. Parce qu’elle ne sait rien, elle peut tout apprendre. Parce qu’elle est profondément une, non dispersée dans mille désirs, elle peut unir toute la force de son désir, se lancer dans les bras de Dieu et lui dire :

Oui Seigneur, oui à toi, oui à ton amour, oui à tes chemins, oui à tes projets, oui à la Parole. »

 

Cette jeune femme a accepté d’enfanter le Fils de Dieu.   Munis de la grâce divine de notre baptême, nous pouvons, avec elle, enfanter le Christ là où nous sommes et le porter à tous ceux et celles qui nous entourent.

Marie a reçu un privilège spécial, celui d’être immaculée dès sa conception.   Dieu, par le Christ, nous donne à nous aussi la grâce du salut. Le pardon du Christ nous rend immaculés quand nous le demandons dans la foi et l’humilité. Avec cette assurance, nous sommes en mesure de transmettre le Christ au monde, d’être ses témoins, ses instruments de salut et de libération partout où il veut bien nous envoyer.

Je voulais terminer mon homélie en faisant un lien avec vos constitutions. Pour y arriver, j’ai fait une recherche dans vos « Constitutions et normes »sur le mot « Marie ». Je n’ai pas été chanceux. L’ordinateur m’a répondu « Il y a trop de résultats pour les afficher sur cet écran. » Ça dit toute la place que vous accordez à Marie dans votre vie spirituelle. Cet extrait de vos Constitutions le dit bien :

La Servante de Jésus Marie « voit en Marie sa Mère, sa Formatrice, son Modèle ; aussi vit-elle dans une union intime avec cette Mère très aimante. Elle apprend, sous sa conduite, à demeurer à l’écoute de l’Esprit-Saint et à méditer la Parole dans son cœur. Par la médiation de la Vierge lui viennent toutes les grâces nécessaires pour vivre fidèlement et généreusement son oblation. »   (Constitution et Normes, La Servante de Jésus-Marie, no 5)