Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 Décembre 2018 – S. François Xavier
( Matthieu 8, 5-11 )
« De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances des faucilles. »
Le prophète se fait porteur d’espérance. Il annonce le début d’un temps nouveau, la venue d’un messie sauveur qui apportera la paix, et que Dieu régnera enfin sur son peuple en se chargeant lui-même de l’instruire. Cette annonce qui revient des milliers de fois dans l’Ancien Testament s’est réalisée en Jésus.
Jean-Baptiste annonçait qu’il était là ; les gens se demandaient quoi faire. Après s’être révélé comme le Messie, Jésus est ressuscité le matin de Pâques pour retourner vers son Père non sans annoncer son retour à la fin des temps.
Ce retour, on l’annonce plus de 300 fois dans le Nouveau Testament.
Saint Paul le disait aux Romains : « mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. » (Rm 8,25)
Les premiers chrétiens croyaient que le Christ allait revenir bientôt et qu’il s’empresserait de remettre de l’ordre et de l’harmonie en établissant un règne de paix.
Mais, avec les années, cette espérance du retour du Christ a perdu de sa vigueur pour ne pas dire disparu sauf chez quelques croyants qui continuent de chanter:
« Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. »
L’Avent est devenu bien moins une attente du retour du Christ et bien plus un temps de préparation à Noël.
Hier, dans l’évangile, Jésus disait à ses disciples : « les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde. »
C’est à se demander si on n’est pas rendu là. La planète crie de partout : environnement malmené, crise des réfugiés, guerres interminables, fossé entre riches et pauvres, des refuges qui débordent, des gens qui vivent et meurent tout seuls.
Et Jésus disait à ses disciples : « quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche » et plus loin « restez éveillés et priez en tout temps. »
Matthieu nous rappelle ces mots de Jésus pour nous remettre en attente. Dans la préface hier, nous avons dit :
« Il viendra de nouveau, revêtu de sa gloire, afin que nous possédions dans la pleine lumière ce que tu nous as promis et que nous attendons en veillant dans la foi. »
« Ce que tu nous as promis et que nous attendons en veillant dans la foi. »
Comment veiller dans la foi dans l’attente des promesses de Jésus ?
Je pense que nous avions une belle réponse dans l’évangile, dans la rencontre de Jésus et du centurion romain.
Ce capitaine de l’armée romaine, un païen en plus, manifeste une foi incroyable, une foi que Jésus n’a jamais trouvée chez les siens, ni chez les familiers du Temple et de la prière, ni chez les habitués du Dieu fidèle. Cette foi, il la trouve chez un étranger qui n’a pour seule richesse que sa droiture d’homme. Jésus voit que son Père est à l’œuvre et que le salut ne s’adresse plus seulement aux enfants d’Israël, mais aussi aux païens, aux personnes de bonne volonté qui s’ouvrent à la foi, ce qui lui fait dire :
« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des cieux. »
Approchons-nous du Christ avec humilité comme le centurion romain. Il espère la guérison de son serviteur. En nous approchant du Christ avec humilité, nous pouvons entrer dans l’espérance de l’Avent : espérance de salut et de vie, de réconciliation et de paix.
C’est en reconnaissant notre pauvreté qu’on peut espérer ; c’est en reconnaissant que c’est en Dieu, et non pas en nous qu’on peut trouver le sens de la vie.
Comme le centurion, approchons-nous du Christ avec confiance, et que la prière qu’il fait au Seigneur soit aussi la nôtre aujourd’hui :
« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri .»
