Mgr J-C Dufour-12 Novembre 2018-saint Josaphat-Luc 17, 1-6

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 Novembre 2018 – Saint Josaphat 

( Luc 17, 1-6 )

 

Après la Pentecôte, les Apôtres et saint Paul se sont mis à parcourir le monde pour annoncer l’évangile et fonder de nouvelles communautés chrétiennes.
Afin de poursuivre leur travail ailleurs, ils confiaient les nouvelles communautés chrétiennes à des responsables locaux. On voit saint Paul faire cette demande à Tite dans la 1re lecture aujourd’hui, « que tu finisses de tout organiser… et que tu établissent des Anciens », des responsables de communauté.
Comment choisir des personnes qui seraient appelées à exercer de telles responsabilités ?

 

J’imagine que saint Paul avait fait l’expérience de mauvais responsables.
Il commence en signalant toute une série de défauts qui empêcheraient quelqu’un d’exercer ce rôle. Ensuite, il énumère les qualités qu’on devrait trouver chez un bon candidat : « Il doit être accueillant, ami du bien, raisonnable, juste, saint, maître de lui. » Au début de la première lecture, Saint Paul se décrit lui-même comme un serviteur de Dieu, apôtre de Jésus, au service de la foi et de la vérité. Il s’attend à la même chose chez les responsables de communauté, que ce soit des gens fermement attachés à la Parole, capables de donner un enseignement solide, en résumé, des gens qui ont reçu une bonne formation et des personnes sans reproche.

 

Saint Paul aurait sûrement reconnu saint Josaphat que nous fêtons aujourd’hui comme un bon responsable. Simple diacre, Josaphat fit preuve d’un zèle ardent pour ramener ceux qui s’étaient séparés pour les ramener dans le giron de l’Église. Il s’appliqua au ministère de la prédication et de la confession. Dieu l’avait doté d’un talent particulier pour assister les condamnés à mort. Il visitait aussi les malades pauvres, leur lavait les pieds et tâchait de trouver des remèdes et de la nourriture aux miséreux.

 

Dans l’évangile, Jésus dessine le portrait du disciple.
Le disciple ne se détourne jamais de Dieu et ne détourne jamais les autres de Dieu ; il ne se lasse jamais de pardonner comme notre Dieu ; il demande la foi comme les apôtres le font à la fin de l’évangile.

 

Un jour, les apôtres avaient demandé à Jésus : « Apprends-nous à prier. »
Aujourd’hui, ils lui demandent : « Augmente en nous la foi ! »
On les comprend. Ils découvrent peu à peu le projet de Dieu et la mission qu’il veut leur confier. Ils sentent que leur foi n’est pas suffisante pour répondre à un appel comme celui-là, ils sentent le besoin d’une foi plus robuste et plus vigoureuse.

 

Vingt siècles plus tard, nous ressentons le même besoin.
Nous vivons dans un monde sombre et bousculé, en particulier par les scandales qui secouent l’Église depuis trop d’années, scandales qui, malheureusement, sont attribuables à des serviteurs de l’Église. Les conséquences sont terribles : des gens ont abandonné l’Église alors que d’autres ont perdu la foi.

 

Je sais que la prière pour les prêtres prend une grande place dans votre vie. On n’a pas besoin de lire longtemps vos constitutions pour nous en rendre compte. Comme les apôtres, nous avons besoin de demander au Seigneur d’augmenter notre foi. Cette demande, je l’exprime au Seigneur par une prière.

« Oui, Seigneur, augmente en nous la foi.
Donne-nous d’accepter plus docilement ta volonté sur nous.
Donne-nous de vivre notre foi avec passion pour toi
et avec une profonde miséricorde pour les autres. »