Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 28 Octobre 2018 – 30e Dimanche Ordinaire « B » ( Marc 10, 46-52 )
Liturgie des Heures : semaine : II
Lors d’un stage de ressourcement à Pierrefonds, une de nos personnes-ressources nous avait remis un texte biblique qui racontait le baptême d’un fonctionnaire royal. Puis, il nous avait demandé de nous retirer dans nos chambres et de chercher deux titres au texte : un titre théologique et un titre journalistique. Parmi les titres théologiques, on retrouvait « Conversion d’un éthiopien », « Catéchèse sur le baptême ». Un prêtre de Montréal avait trouvé un titre journalistique qui nous avait fait bien rire : « Un fonctionnaire royal se mouille. »
Si on faisait le même exercice avec l’évangile d’aujourd’hui, les titres théologiques pourraient être : « Avoir confiance », « La ténacité dans la prière », alors que les titres de journaux pourraient être : « Échauffourée à la sortie de Jéricho ! », « Un mendiant reçu en audience spéciale ! »
L’histoire de Bartimée nous apprend trois choses : la foi, ça fait voir ; la foi, ça fait prier ; la foi, ça fait agir.
LA FOI ÇA FAIT VOIR.
Étonnant ce que nous dit saint Marc ! Il y a un seul aveugle, et c’est le seul qui voit. C’est évident dans les titres qu’il donne à Jésus : « Jésus, Fils de David », « Rabbouni », comme Marie-Madeleine le matin de Pâques. Bartimée a beau être aveugle, il est le seul qui voit en Jésus le Messie qu’on attendait depuis des siècles.
Comme Bartimée, nous pouvons avoir un regard opaque, si opaque qu’on n’arrive pas à bien discerner la présence du Seigneur qui est tout près de nous. On croit facilement que Jésus est présent dans son corps et dans son sang quand nous célébrons l’Eucharistie, mais on a un peu plus de mal à le découvrir dans sa Parole, dans le prêtre qui célèbre, dans l’assemblée, les personnes qui nous entourent, et pourtant ce sont autant de présences de Jésus.
Jésus a guéri Bartimée. Prions-le de venir guérir notre regard intérieur pour que nous puissions découvrir la présence et la proximité aimante de notre Dieu.
LA FOI ÇA FAIT PRIER.
C’est quelque chose la prière de Bartimée ! Un cri du cœur vers Celui qui est la Lumière du monde ! Un cri vers Jésus de Nazareth qui passe dans sa vie. Rien ne l’arrête ! Même si on le rudoie pour le faire taire « Il continue de crier de plus belle : Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ! » Je pense que toute prière, même la prière silencieuse, est un cri du cœur, un cri de joie ou de peine, un cri de détresse ou de confiance, un cri de reproche ou d’Actions de grâces.
On peut avoir du mal à prier. On manque de temps, on est envahi par trop de problèmes, on a des distractions à n’en plus finir. Comme les disciples de Jésus l’ont déjà fait, demandons à Jésus de nous apprendre à prier, à prier comme Bartimée.
LA FOI ÇA FAIT AGIR.
Les gens s’imaginent parfois que les gens de foi mènent une petite vie bien confortable et tranquille. Ce n’est pas ce qu’on peut dire de Bartimée. Il est bien loin d’avoir une foi de tout repos. Ses gestes sont révélateurs : il « jette son manteau » qui le tenait à l’abri, « bondit et court vers Jésus. » Même après sa guérison, nous dit saint Marc, « il suivait Jésus sur le chemin ». Non seulement Bartimée est guéri, il est sauvé ! Il est mobilisé puisqu’il devient un disciple de Jésus.
La foi nous fait agir, elle nous met en état de mission. Remarquez bien que ce n’est pas Jésus qui appelle Bartimée ; Il demande à ses disciples de le faire : « Appelez-le », leur dit-il. C’est la mission de l’Église, notre mission qui se trouve dans ce petit mot. Nous avons à appeler, à aller vers les hommes pour leur dire : « Confiance, lève-toi, il t’appelle ».
- « Confiance », n’aie pas peur !
- « Lève-toi », mets-toi en marche, le Seigneur ne viendra pas te chercher malgré toi, il respecte bien trop ta liberté.
- « Il t’appelle », et s’il t’appelle, c’est qu’il veut répondre à ta prière, te faire du bien, te guérir et plus encore, te sauver.
Au cours de notre célébration, demandons au Seigneur de nous rendre attentifs à tous ceux et celles qui se tiennent au bord du chemin et de les appeler à aller avec confiance à la rencontre du Christ,
