Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 24 octobre 2018
( Luc 12, 39-48 )
Nous portons souvent au fond de nous une grosse question : « Pourquoi je vis ? Quel est le sens de la vie ? »
C’est un mystère qui est toujours à découvrir. Peut-être qu’à la fin de notre vie, on obtient une réponse en voyant tout ce qui a donné du sens à notre existence, comme votre vie d’épouse du Christ et d’adoratrice.
Saint Paul, ce matin, nous livre un message qui, à ses yeux, donne tout son sens à notre vie :
« Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse. »
Pour lui, le mystère profond de notre foi, c’est de savoir que tous les humains sont bénéficiaires du don de Dieu, que personne ne peut revendiquer le salut de Dieu pour lui tout seul. Jésus l’avait déjà révélé à ses apôtres. Que le salut de Dieu soit pour toutes les nations, Jésus l’avait déjà révélé à ses apôtres. Saint Luc, dans les Actes des Apôtres et saint Paul, dans ses lettres, n’oublient pas de le rappeler.
Cette révélation de la volonté de Dieu nous engage à travailler pour que cette même volonté de Dieu se réalise dans notre monde. On peut dire que saint Paul nous met en état de mission. On rejoint ainsi l’évangile de ce matin où Jésus nous présente deux serviteurs qui sont au service du même maître, mais qui sont bien différents l’un de l’autre. Il en est ainsi de nous. Dans l’Église, nous travaillons tous au service du même maître.
Le premier serviteur trouve que son maître tarde à venir. C’était la situation des premiers chrétiens qui attendaient le retour du ressuscité en constatant qu’il tardait à venir. Voyant que son maître tardait à revenir, ce serviteur malmène les serviteurs et les servantes, se met à boire et à s’enivrer, prend du bon temps. Il profite de ses responsabilités au profit de son usage personnel. Évidemment, il fait le contraire de la volonté de son maître.
Et puis, il y a l’autre serviteur, un homme fidèle et sensé qui fait la volonté de son maître. Il prend bien soin des serviteurs et des servantes de son maître ; il leur distribue, en temps voulu, leur ration de nourriture. À nouveau, Jésus nous livre une béatitude :
« Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi. »
La Parole de Dieu nous remet ce matin devant la volonté de Dieu, à savoir que
« Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse. »
J’ai lu, cette semaine, que près de 3000 étrangers sont arrivés au Québec en deux mois seulement. Cette réalité nous remet en présence de la volonté du Père qui veut associer toutes les nations au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse.
Le maître de l’évangile, après avoir fait connaître sa volonté à ses serviteurs leur fait largement confiance. En répondant à cette volonté du Seigneur, c’est toute notre existence qui se déploie sous le signe de la béatitude de Jésus, béatitude toute spéciale, béatitude du travail, de la fidélité dans le quotidien et de la vigilance. En nous invitant à la vigilance, Jésus ne veut pas nous mettre dans un état de peur, un état qui nous met sur nos gardes.
La vigilance, c’est nous mettre en état d’accueillir la grâce d’un Dieu imprévisible qui s’approche de nous incognito.
Faisons nôtres les mots de la prière d’ouverture : Aussi,
« Seigneur Dieu,
accorde-nous d’accorder nos paroles et nos actes
à ta volonté dans une inlassable recherche des biens spirituels. »
