Mgr J-C Dufour-20 octobre 2018-Luc 15, 3-7-Funérailles de S. Marie-du-Sacré-Cœur-sjm

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 20 octobre 2018-Ste Marguerite-Marie Alacoque 

 ( Luc 15, 3-7 )

Funérailles de Soeur Marie-du-Sacré-Cœur, sjm

 

« Sous le regard de Marie, après 69 ans de vie consacrée, le petit cierge de son oblation s’éteint doucement le 12 octobre 2018. »
C’est ainsi qu’on a décrit le départ de ce monde de Sœur Marie du Sacré-Cœur. Ce n’est pas pour rien que je la nomme dès le début de mon homélie ce matin.

 

Croyez-vous au hasard ? Moi, non !
Quand on a dressé l’horaire du mois d’octobre, on avait indiqué que la messe d’aujourd’hui allait être celle de « Sainte Marie, reine de l’univers ». Plus tard, on a changé l’horaire pour que la messe d’aujourd’hui soit celle de « Ste Marguerite-Marie Alacoque » parce que vos dévotions sont très proches de cette sainte.

 

À la fin des années 1600, lors de plusieurs apparitions, le Christ montra son cœur à cette jeune religieuse visitandine pour lui révéler la profondeur de son amour pour les hommes et en la chargeant d’obtenir l’institution d’une fête en son honneur. Ça n’a pas été facile pour elle, mais bientôt, la dévotion au Sacré-Cœur se répandit en France et d’autres pays jusqu’à ce qu’elle soit étendue à toute l’Église en 1856

 

Deux de vos dévotions rejoignent celles de Sainte Marguerite-Marie Alacoque : celle du Sacré-Cœur et celle de l’adoration eucharistique. On peut le lire dans vos constitutions.

8. La dévotion au Sacré-Cœur, dans son rayonnement eucharistique, anime toute la vie des Servantes de Jésus-Marie. Jésus, venu apporter le feu sur la terre, nous offre en son Cœur le symbole de la plus ardente charité. De l’Ostensoir comme sur la croix, il attire tout à Lui. Car le Christ ressuscité et toujours vivant continue à déverser les richesses de son amour par l’Eucharistie et le Sacerdoce.

 

Je me suis demandé si ce n’était pas pour ces raisons que la jeune Georgette Bellehumeur avait choisi de prendre le nom de « Sœur Marie du Sacré-Cœur » d’autant plus que le 24 mai 1954, elle « se lie pour toujours à Celui que son cœur aime ». Il y a tellement de liens dans tout ça que j’ai choisi les lectures de la fête du Sacré-Cœur pour les funérailles de S. Marie du Sacré-Cœur.

 

Pendant toutes ses années de vie religieuse, S. Marie du Sacré-Cœur « a manifesté une fidélité exemplaire en assumant d’importantes fonctions dans la Congrégation comme responsable de la formation, mère-servantes locale et assistante générale autant que dans les travaux quotidiens. »
Pour prendre les mots de saint Paul à la fin de la première lecture, on peut dire qu’elle a mis « sa fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation. »

 

L’image du bon berger présente dans le psaume et l’évangile évoque la sollicitude du Seigneur à notre endroit. Dans un document communautaire à l’endroit de S. Marie du Sacré-Cœur, écrit à Rouyn le 16 octobre 1979, on peut lire :
« Cette maîtrise de vous-mêmes vous permet de compatir aux faiblesses des autres avec bonté, compréhension et indulgence… Vous mettez au service d’autrui, avec tact et empressement, les dons reçus. »
Il fallait que S. Marie du Sacré-Cœur porte bien son nom pour être ainsi. Au cours de mes lectures, j’ai trouvé une réponse qu’elle donnait à quelqu’un qui l’interviewait et qui est très révélatrice. Elle disait :
« J’ai toujours fait l’expérience que ce n’est pas ce qu’on donne au Seigneur qui fait mal, mais ce qu’on lui refuse. »

 

Au moment où le ressuscité du matin de Pâques prend la main de S. Marie du Sacré-Cœur pour la conduire à la place qu’il lui a préparée, il est bon de nous resituer devant l’amour de Dieu traduit par l’image du Bon Berger. Quand une brebis est seule, le Bon Berger sait qu’elle souffre ; quand elle est loin, il sait qu’elle va désespérer ; alors, il se dit : « je vais la chercher ». Cette façon de faire du Bon Berger scandalise ceux qui n’ont rien compris au cœur de Dieu.

 

Le psalmiste avait bien compris ce qu’il y avait dans le cœur de Dieu. Aussi, il n’hésite pas à proclamer, ce qui était la foi de S. Marie du Sacré-Cœur et ce qui est notre foi :
« Le Seigneur est mon berger. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre… tu prépares la table pour moi… tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante… J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. »