Mgr J-C Dufour-22 septembre 2018-Luc 8, 4-15

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 22 Septembre 2018

( Luc 8, 4-15 )

 

Vous ne trouvez pas qu’on est devant un drôle le semeur ?
Il ne s’en fait pas pour la qualité du sol. Il ne se pose aucune question là-dessus et ne s’informe auprès de personne. Il ne se demande pas qui étaient les derniers propriétaires, comment la terre avait-elle été utilisée auparavant, si elle avait été polluée, si on avait déjà semé des graines génétiquement modifiées, s’il fallait désormais une semence spéciale. À ses yeux, il n’y a rien de compliqué ; la terre a simplement besoin d’être labourée, et quand on le fait, on peut l’améliorer.

 

Ça fait du bien d’entendre cela !
Le semeur ne regarde pas la qualité de nos terres parce qu’il sait qu’il sème une semence de qualité, ce qu’il y a de meilleur. La semence, c’est la parole de Dieu : une parole toujours saine, toujours adaptée à nos cœurs, riche de promesses. Il n’y en a pas de meilleur, c’est Dieu lui-même qui l’a sélectionnée. Il sait bien que sa parole, comme la semence, ne tombera pas en terre sans porter du fruit.
Le prophète Isaïe le proclamait lui-même au nom de Dieu :
« Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » (Isaïe 55,11)

 

La parabole du semeur nous remet devant l’histoire de Jésus.
Jésus n’a jamais regardé la qualité du sol où il semait. Il ne s’est jamais demandé si la table où il était invité était une bonne ou une mauvaise table. Il a fréquenté les zélés de la loi autant que les laissés pour compte. S’il y avait une terre qu’il ne fallait pas ensemencer, c’est bien celle où Jésus a passé la majorité de sa vie, une terre sèche, sans eau, rocailleuse, qui étouffe tout ce qui lui tombe dessus. N’empêche que Jésus a laissé des traces de transformations profondes qui sont toujours là après des milliers d’années.

 

La parabole de Jésus nous interpelle drôlement.
Au moment beaucoup de gens abandonnent la pratique de la foi, la générosité du semeur vient nous questionner beaucoup. Les apôtres ont parcouru le monde en jetant la semence sans réserve même si elle ne tombait pas toujours sur un bon terrain. Ils ont cru qu’ils pouvaient labourer la terre pour faire remonter la bonne terre en surface. Notre annonce ne trouvera pas toujours preneurs, mais nous aurons au moins accompli notre devoir de disciples missionnaires. Qui sait si un jour le sol pierreux bien labouré ne laissera pas place à la bonne terre ? Il faut donner à la semence de la Parole le temps de germer, ce qui demande de la patience et de la persévérance. Aussi, quand nous aurons répandu la semence de la bonne Parole, attendons avec confiance et dans la foi l’action de Dieu qui lui, a tout son temps.

« Heureux ceux qui ont entendu la Parole

dans un cœur bon et généreux,

qui la retiennent

et portent du fruit par leur persévérance. » [1]

 

[1] Acclamation à l’évangile et la fin de l’évangile.