Mgr J-C Dufour-15 septembre 2018-Notre-Dame des Douleurs–Luc 2, 33-35

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 15  Septembre 2018 – Notre-Dame des Douleurs

( Luc 2, 33-35 )

 

Deux lectures plutôt courtes ce matin !
C’est vrai que ce n’est pas le temps de parler longuement quand on est en présence de quelqu’un qui souffre. C’est bien plus le temps de lui prêter une oreille attentive à ce qu’il veut nous dire.
Si l’auteur de la lettre aux Hébreux fait état des souffrances du Christ, saint Luc, dans l’évangile, nous raconte la prophétie du vieillard Syméon qui nous laisse entrevoir les souffrances de Marie.

 

L’auteur de la lettre aux Hébreux vient de nous dire que le Christ fut exaucé en raison de son grand respect et qu’il apprit l’obéissance par ses souffrances. Respect et obéissance ! Des mots qu’on associe facilement à l’être humain qui a perdu sa dignité en raison de l’esclavage. Pourtant les textes bibliques nous apprennent que l’être humain, quand il se rebelle contre Dieu, quand il met Dieu de côté, quand il se croit aussi grand que Dieu, peut connaître des conséquences désastreuses. Et, au contraire, quand il accepte de suivre la volonté de Dieu et de collaborer avec lui, les résultats vont bien au-delà de toutes ses attentes. Il fait alors l’expérience de la paix et de la liberté. On le voit en Jésus. En se soumettant et en obéissant à son Père, il a obtenu la gloire de la résurrection. Quand on médite là-dessus, on apprend à se positionner à la manière de Jésus parce que la résurrection accordée au Fils nous est promise à nous aussi.

 

Dans l’évangile, le vieillard Syméon dit à Marie :
« ton enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive .»
Mettez-vous à la place de Marie un moment.
Ça n’a pas dû être facile pour elle d’entendre cette prédiction du vieillard Syméon. Elle apprend que son tout-petit enfant, encore tout fragile, aura à souffrir sans qu’elle puisse y faire quelque chose. J’imagine que ces mots du vieillard Syméon ont dû la hanter pendant plus d’une trentaine d’années. Quand elle entendra les insultes proférées contre son Fils, quand elle verra ses ennemis machiner toute sorte de complots pour l’éliminer, quand elle assistera impuissante à son calvaire et à sa mort, chaque fois, c’est un coup de glaive qui transperce son cœur de mère.

 

Lors de la visite de l’ange Gabriel, Marie avait répondu « oui » avec empressement. « Qu’il me soit fait selon ta parole », lui avait-elle répondu.
Avec les paroles du vieillard Syméon, elle comprend que la volonté du Père doit passer par un chemin douloureux à cause de la méchanceté des hommes. Mais habitée par la parole de Dieu, elle a pu garder confiance et demeurer étroitement unie à son fils, réalisant ainsi son rôle de co-rédemptrice.

 

Aujourd’hui Marie nous apprend que suivre Jésus, c’est accepter de marcher sur les mêmes chemins que lui, c’est accepter de prendre notre croix comme il le disait lui-même.
Comme dit la petite méditation du Prions en Église pour aujourd’hui :

« Jésus annonce la vie éternelle, mais il n’a jamais promis que toute souffrance nous serait épargnée… Parfois, tout ce que nous pouvons faire est de nous tenir là, près de la croix, comme Marie, avec espérance. »