Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 12 Septembre 2018
( Luc 6, 20-26 )
J’imagine que vous n’avez jamais rencontré quelqu’un qui vous dise qu’il faut avoir faim, avoir soir, pleurer, être haïs, insultés, méprisés pour être heureux.
Nous faisons à cœur de jour des pieds et des mains pour faire reculer sinon abolir tout ce que nous fait souffrir.
Et pourtant, Dieu nous a créés pour le bonheur.
Déjà l’Ancien Testament nous laisse entrevoir à maintes reprises la vocation de l’homme au bonheur.
Déjà, dans le récit de la création, on voit que celle-ci est offerte à l’homme pour son bonheur : «Dieu vit que cela était bon» et un peu plus loin, il nous fait part du cri enthousiaste de l’homme devant la femme.
Même la Loi que Dieu donne à l’homme n’a comme but que d’assurer son bonheur :
« Suivez bien la route que je vous trace et vous serez heureux. » (Jer. 7,23)
Les psaumes aiment chanter la fidélité de Dieu qui ne déçoit jamais et le paisible bonheur de ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur plutôt que dans les richesses (Ps 4-,5, Ps 84,6.13). Les prophètes de leur côté ne cessent de rappeler le salut de Dieu qui promet à son peuple de l’accompagner dans toutes ses misères en lui offrant son amour et son pardon.
Jésus a été fidèle à cette tradition de ses ancêtres. Dès le début de sa vie publique, il avait proclamé sa mission avec le beau texte du prophète Isaïe :
« Annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d’accueil par le Seigneur. » (Luc 4,18-19)
Jésus sème la joie sur son passage, cette même joie décrite souvent comme un fruit de l’Esprit Saint.
Aussi bien dire que la joie est un indice de votre vie spirituelle et de notre familiarité avec le Seigneur.
Les béatitudes que Jésus nous donne font partie de la charte du Royaume.Chacune d’elle peut faire naître en nous un beau chant d’action de grâce pour le chemin parcouru. Chacune d’elle encore nous permet de nous placer en état d’accueil devant Dieu pour être en mesure de recevoir. Être pauvres, affamés, assoiffés devant Dieu, c’est reconnaître que nous avons besoin de lui et que tout ce que nous sommes et ce que nous possédons est don du Seigneur. Chacune d’elles toujours, nous donne l’envie d’entrer encore plus loin dans la joie promise par Jésus à ceux et celles qui suivent ses chemins.
Je termine avec ce que j’estime une belle parole des évêques de France tirée de leur catéchisme pour adultes. Voici cette phrase :
« Les chrétiens ont reçu la promesse du vrai bonheur. Sans l’amour, les commandements sont ressentis comme une lourde obligation. Quand les baptisés sont animés par la foi, l’espérance et la charité, ils entrent joyeusement dans la vie nouvelle qui leur est proposée dès ici-bas comme un chemin de bonheur authentique. »
