Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 Septembre 2018
( Luc 6, 6-16 )
« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal? »
Il me semble que c’est bien moins une question et bien plus une affirmation.
Jésus vient nous dire que le dimanche, comme le sabbat, est un jour qui nous est donné pour qu’on puisse diriger notre attention et notre amour vers le Seigneur et vers nos frères et sœurs en qui Il est présent. Le dimanche est un jour qui nous est donné pour qu’on puisse faire du bien.
Aux scribes et aux pharisiens qui ne lui répondent pas, on voit que Jésus leur dire
« Vous ne répondez pas? Moi, je vais vous répondre et en plus en présence de tout le peuple qui jugera mieux que vous. »
Et Jésus guérit l’homme à la main desséchée; il ouvre les portes du salut à ce malheureux en lui faisant connaître l’amour du Père qui se laisse toucher par les besoins de ses enfants.
Le dimanche encore, pour Jésus, c’est le jour où on doit se consacrer à Dieu et aux autres en les libérant du mal, en pratiquant la fraternité et le partage.
Les évêques français ont écrit un beau document sur le dimanche en allant dans le sens de faire du bien. Ils disent que l’Église souhaite que les chrétiens puissent célébrer la résurrection du Seigneur le dimanche. Mais en plus, grâce au repos dominical, les gens ont du temps pour se reposer, vivre en famille, rencontre les autres. Le dimanche donne un espace de liberté et détente au contraire de la semaine. Il permet un équilibre de vie; il est un temps de retrouvailles entre générations, permet de libérer un espace pour la conversation entre les hommes.
Les scribes et les pharisiens étaient bien obligés d’admettre qu’il est permis de faire le bien le jour du sabbat et qu’il n’était pas permis de faire le mal. Ils se devaient bien d’admettre aussi que c’était un mal que de laisser un homme dans la misère quand il est possible d’aller à son secours.
Alors Jésus leur sert toute une leçon en dénonçant leur manœuvre. Ils avaient fomenté tout ce manège afin de pouvoir prendre Jésus en défaut et de pouvoir ainsi l’accuser. C’est à ce moment-là que Jésus leur pose une deuxième question :
« Est-il permis, le jour du sabbat, de sauver une vie ou de la perdre? »
Au moment où Jésus prend les mesures nécessaires pour sauver la vie d’un homme misérable, les pharisiens, eux, sont occupés à trouver le moyen pour mettre le Christ à mort. Il est sûrement mieux de cherche à aider un homme que de chercher à en tuer un! Pas étonnant que les pharisiens se taisent!
Si Jésus est mort sur une croix, c’était aussi pour nous faire du bien.
