Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 août 2018 – Sainte Claire
( Matthieu 17, 14-20 )
Sainte Claire !
Enthousiasmée par un sermon de saint François d’Assise, elle devient une de ses disciples. Et comme lui, issue d’une famille fortunée demeurant à Assise, elle choisit de se donner entièrement au Seigneur dans une pauvreté qui est une véritable profession de foi. Pendant toute sa vie, elle a proclamé que « Dieu seul peut combler le désir profond d’un être humain. »
On pourrait bien penser que les lectures que nous venons d’écouter n’ont rien à voir avec une sainte pareille, mais ce n’est pas le cas. Sainte Claire, comme le prophète Habacuc met toute sa confiance dans le Seigneur, comme nous le faisait découvrir la 1ière lecture.
Qui pourrait bien délivrer son peuple des Chaldéens qui l’oppriment, se demande-t-il ? Sûrement pas une force militaire, mais un autre pouvoir encore bien plus fort, Dieu lui-même. Aussi, le prophète déclare :
« Je vais me tenir à mon poste de garde, rester debout sur mon rempart, guetter ce que Dieu me dira, et comment il répliquera à mes plaintes. » Sans tarder le Seigneur répond au prophète en lui disant qu’il ne sera pas déçu et que
« Le juste vivra par sa fidélité. »
La guérison d’un enfant épileptique que vient de nous raconter saint Matthieu dans l’évangile paraît encore plus loin de l’histoire de sainte Claire.
Un pauvre père demande à Jésus de prendre pitié de son fils qui souffre beaucoup. Il a fait appel aux disciples qui n’ont pas réussi à le guérir. Pourquoi se demandent-ils ? À cause de votre manque de foi leur répond Jésus. Leur manque de foi les condamnait à l’impuissance et pourtant une foi pas plus grande qu’une graine de moutarde peut transporter des montagnes dit Jésus.
« Rien ne vous sera impossible ! »
Ce qui nous semble impossible n’est qu’un jeu pour Dieu notre Père. Le maître du monde est également maître de nos misères. C’est pourquoi, sans aucune hésitation, Jésus dit :
« Amenez-le moi ici… À l’heure même, l’enfant fut guéri. » Le geste de Jésus vient nous rejoindre beaucoup.
Si parfois on se sent prisonnier, prisonnière d’une nappe de brouillard, si on a l’impression d’être paralysé dans notre marche spirituelle, si on a l’impression qu’une montagne nous barre la route et nous cache la lumière de Dieu,
il faut faire comme le père de l’évangile qui « s’approcha de Jésus, et tombant à ses genoux, il dit : « Seigneur prends pitié de mon fils. »
Comme le prophète qui est devant une armée puissante, comme ce père de l’évangile, comme sainte Claire, il suffit, chaque jour, d’un tout petit peu de foi, pas plus grosse comme une graine de moutarde pour dire à toutes ces montagnes qui barrent notre route de s’enlever de là.
Ce que nous admirons chez le prophète Habacuc, chez ce père d’un enfant épileptique, chez sainte Claire et tous les saints et saintes, c’est leur capacité à miser leur vie sur Dieu.
Comme eux, osons-nous s’en remettre au Seigneur avec confiance?
