Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 3 août 2018
( Matthieu 13, 54-58 )
Cette scène d’évangile racontée par Matthieu, on l’a entendu aussi au mois de juillet, mais cette fois-là, racontée par Marc. On l’a entendue aux funérailles de S. Françoise.
Jésus revient dans son coin de pays, à Nazareth. Il en profitera sans doute pour rendre visite à sa mère, Marie. C’est là qu’il a grandi, travaillé avec son père adoptif, Joseph. Les gens l’avaient peut-être vu passé avec quelques planches sur l’épaule. Il avait vécu trente ans dans ce village, connaissait bien les gens qui étaient là, avait sans doute tissé des liens avec eux.
Il avait quitté le village depuis un ou deux ans pour parcourir le pays et annoncer dans les villes et les villages la Bonne Nouvelle de la présence de Dieu parmi nous. Ce jour-là, un jour de sabbat, il se rend à la synagogue. Il fait la lecture d’une page de la Bible et se met à enseigner. Ce n’était pas la première fois que Jésus faisait une lecture dans la synagogue. Il pouvait le faire depuis l’âge de 12 ans, à la joie de Marie et Joseph, sans doute.
Qu’est-ce qui se passe dans la tête des gens qui l’écoutent dans la synagogue ? Matthieu vient de nous le dire :
« Ils étaient frappés d’étonnement et disaient : “D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? D’où cela lui vient-il ?”
Les gens de Nazareth qui avaient côtoyé Jésus de près ne sont plus capables de le reconnaître. Ce n’est pas le Jésus qu’ils ont connu dans le temps. Ça les met mal à l’aise. Ils refusent de s’ouvrir à quelque chose de nouveau. Ils veulent en demeurer au Jésus qu’ils ont connu si bien qu’ils sont profondément choqués à son sujet. Jésus de son côté sent bien qu’il n’est pas accueilli et même repoussé par les siens.
Qu’est-ce qu’il y a pour nous dans cet évangile ? Matthieu qui s’adresse à des Juifs dans son évangile veut leur faire comprendre, à eux et à nous aussi, que la foi nous invite toujours à nous ouvrir à quelque chose de nouveau, à une nouvelle façon de voir. L’Évangile a un côté exigeant, il nous pousse toujours plus loin que nos idées habituelles, et ce n’est jamais terminé. Les nouveaux convertis en savent quelque chose ; ils sont en mesure de constater qu’ils ont bien changé, qu’ils ne vivent plus la même vie qu’avant leur conversion.
La foi, c’est nous ouvrir à une autre dimension, nous ouvrir à quelqu’un qui nous dépasse. Remarquez bien que Jésus ne fait pas de miracles pour éblouir, pour obliger les gens de son village à croire. Quand il en fait, c’est uniquement pour ouvrir les gens à une réalité qui sort de l’ordinaire, à son identité de Fils de Dieu.
En terminant, je reprends les mots de la prière d’ouverture :
“Dieu d’infinie bonté, fortifie notre cœur de la force du Christ, mets en nous le feu dont brûle son cœur. Nous lui ressemblerons davantage.”
