Homélie Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 29 Juillet 2018 – 17e Dimanche Ordinaire « B » ( Jean 6, 1-15 )
Liturgie des Heures : semaine : I
Jésus nourrit une foule de 5000 hommes avec 5 pains et 2 poissons ! Le coût du banquet ? 200 jours de salaires, l’équivalent d’une année de travail ! C’est déjà une bonne raison de s’émerveiller et de qualifier l’événement de miracle. Mais Jésus n’a pas voulu susciter l’admiration, l’enthousiasme. Il n’a pas voulu jeter de la poudre aux yeux, épater la galerie, faire la preuve hors de tout doute qu’il était le plus grand des prophètes. On n’a pas besoin d’aller si loin. Il a juste voulu laisser parler son cœur ! St-Jean est discret, mais les autres évangélistes mentionnent que Jésus a été « saisi de compassion » devant cette foule affamée.
On voit souvent les prophètes comme des gens qui prédisent l’avenir alors que les prophètes sont des gens qui révèlent les signes de Dieu dans le présent. On le voit dans les textes d’aujourd’hui. Les deux grands prophètes, Jésus et Élysée, n’apparaissent pas comme des gens qui prédisent l’avenir, mais comme des personnes qui traduisent d’une manière bien concrète ce qu’il y a dans le cœur de Dieu.
Il y avait une famine au temps du prophète Élysée. Tout ce que le peuple attend de son Dieu est bien simple : une vie meilleure ! Il ne demande que du pain ! Le geste que fait le prophète Élysée en nourrissant des personnes est déjà une parole bien plus forte que les discours. Il révèle au peuple que Dieu prend soin de lui. Les gens peuvent être rassurés là-dessus !
Dans l’évangile, la faim est encore plus grande ! On sent que les gens suivent Jésus surtout pour sa Parole ! Ils sont tellement avides des paroles de Jésus qu’ils en oublient de manger. Et Jésus nourrit la foule ! C’est un geste profond ! Il fait voir que, quand Dieu ouvre la main, on est rassasié corps, cœur et âme ! Le geste de Jésus fait voir qu’on n’a plus à attendre, mais que Dieu, en lui, a visité son peuple, que les temps sont accomplis, que le Royaume de Dieu est déjà là.
Par leur geste, Élysée et Jésus traduisent l’amour de Dieu, l’amour du Père pour le monde. Ils montrent d’une manière bien concrète ce qu’il y a dans le cœur de Dieu. On trouve la même réalité ailleurs dans l’évangile ! Trop de pains dans l’évangile aujourd’hui ; il en reste douze paniers ! Trop de vin aux noces de Cana, 600 litres pour un petit village ! Trop de poissons sur le bord du lac !
Jésus est lui-même, dans sa propre personne, celui qui traduit au plus haut point l’abondance du cœur de Dieu. Il est le don de Dieu au monde, le pain de Dieu donné au monde, la vraie nourriture et la vraie boisson que nous prendrons encore ce matin en célébrant cette eucharistie.
Lorsque nous avons été baptisés, L’Église nous a déclaré « prêtre, prophète et roi ». Les textes d’aujourd’hui nous rappellent notre fonction de prophète en nous incitant à traduire par des gestes concrets l’immense amour qu’il y a dans le cœur de Dieu pour ceux et celles que nous rencontrons.
Dans la 1e lecture, « quelqu’un qui offre vingt pains d’orge et du grain frais au prophète Élysée. Dans l’Évangile, un jeune homme ouvre son sac pour présenter à Jésus 5 pains et 2 poissons. Deux gestes qui manifestent beaucoup de générosité ! Comme eux, nous sommes invités à partager le pain de l’amitié, de l’amour, le pain du sourire et le pain de la joie pour que le Seigneur les multiplie généreusement.
Pendant notre célébration, bénissons le Seigneur pour tous les prophètes de l’amour de Dieu dans notre monde, pour tous ces bénévoles de la charité, pour tous ceux et celles qui font des efforts de partage.
Dans la 2ième lecture, saint Paul demande aux Éphésiens et nous demande, bien sûr,
« de nous conduire d’une manière digne de notre vocation »,
de nous revêtir d’humilité, de douceur et de patience à la manière de Jésus.
Prions l’Esprit Saint de nous donner d’agir comme des prophètes,
de nous donner de traduire, dans le quotidien de nos vies,
l’immense amour qu’il y a dans le cœur de Dieu.
