Homélie Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 22 Juillet 2018 – 16e Dimanche Ordinaire « B » ( Marc 6, 30-34 )
Liturgie des Heures : semaine : IV
Ce n’est pas parce que les textes d’aujourd’hui parlent de « pasteurs » qu’il faut penser qu’ils s’adressent uniquement aux pasteurs et pas à nous. Pourtant, ce sont des textes qui nous concernent tous et beaucoup dans nos relations les uns avec les autres.
Le prophète Jérémie nous présentait Dieu comme le berger qui prenait soin de ses brebis.
« Je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis… je susciterai des pasteurs qui les conduiront ; elles ne seront plus apeurées et effrayées. »
Avec le psalmiste, nous avons reconnu le Seigneur comme notre berger, celui qui nous fait reposer, qui nous fait revivre, qui prépare la table pour nous. Saint Paul annonçait le Christ aux Éphésiens comme Celui qui avait détruit le mur de la haine, Celui qui est venu annoncer la paix pour ceux qui étaient loin, la paix pour ceux qui étaient proches. Et saint Marc, dans l’évangile, nous parle d’une foule de gens qui courent pour être près de Jésus qu’ils voient comme le bon pasteur promis et annoncé par les prophètes. Il me semble que nous avons suffisamment d’éléments pour chercher à comprendre comment les gestes et les attitudes du bon pasteur peuvent nous questionner.
En parlant des gens qui suivaient Jésus, l’évangile nous dit « qu’ils étaient comme des brebis sans berger ». C’est déjà toute une indication ! D’un côté il y a les chefs, les responsables du peuple, des gens très religieux, mais sans cœur, qui méprisent les personnes que Jésus côtoie. Et d’un autre côté, on voit Jésus en présence de pauvres gens souvent mis à l’écart pour des motifs légaux ou religieux.
Et devant ces gens sans pasteur, ces gens ces gens méprisés, Marc nous dit que Jésus fût « saisi de compassion », autrement dit d’un sentiment qui le rend sensible aux souffrances, aux malheurs des autres, un sentiment qui suscite l’amour, le goût d’aider, de soutenir, d’encourager, de remettre debout, de redonner le goût de vivre. La compassion, ça évoque aussi la pitié, un mot qui revient assez souvent dans nos célébrations, mais c’est un mot que les gens n’apprécient pas beaucoup. Pourtant je suis sûr qu’il n’y aurait pas beaucoup de monde parmi nous qui résisterait à plus de compréhension, à plus de confiance, à plus d’attention, d’écoute, et d’amour.
En regardant notre bon pasteur, Jésus, ses paroles, ses gestes, ses attitudes, je pense qu’on peut se demander où nous en sommes.
Est-ce que nous lui ressemblons dans ses attitudes ?
Est-ce que nous apprécions les gens surtout à leurs diplômes, à leur situation sociale, à leur argent ou à leurs titres ?
Sommes-nous de ceux qui prennent les étrangers comme des ennemis, les inconnus pour des imbéciles, les grands de ce monde pour des lumières, les personnes humbles ou démunies comme des victimes à écraser ?
Est-ce que nous portons sur les autres, particulièrement les plus démunis, les plus défavorisés, les plus pauvres, le regard de Jésus ?
Sommes-nous portés à aller vers ceux et celles qui sont sans berger ?
Les textes d’aujourd’hui nous appellent à être les uns pour les autres de bons pasteurs à la manière de Jésus, c’est-à-dire d’avoir pour ceux et celles qui nous entourent, un cœur plein de tendresse, un cœur qui aime la personne dont nous sommes responsables. Soyons donc de « bons pasteurs », responsables les uns des autres, bergers les uns pour les autres.
Et si, en ce moment, on trouve que notre cœur est encore un peu trop dur, profitons de cette eucharistie qui nous rassemble comme des frères et des sœurs, pour prier le bon berger et lui demander de nous donner son Esprit pour que nous soyons des témoins de tendresse à la manière de Jésus.
