Homélie Mgr J-C Dufour – 21 Juillet 2018 – Matthieu 12, 14-21

 

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 21 Juillet 2018

( Matthieu  12, 14-21 )

 

Hier, Jésus disait aux pharisiens « Je veux la miséricorde, non le sacrifice. »
Lors de l’ouverture du Concile Vatican II, le pape Jean XXIII, dans son discours, disait :
« Mais aujourd’hui, l’Épouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité. »
C’était l’annonce d’une réforme qui nous rappelle Jésus, venu lui aussi pour transformer le monde. Il est ce samaritain qui arrive près d’un homme blessé et qui est saisi de compassion. Il est cet hôtelier qui ouvre sa maison aux personnes tombées par terre et dont les fragilités et les laideurs humaines effarouchent l’amour des autres. C’est ce style de vie de Jésus qui a attiré sur lui la haine des forts et des gens pieux qui « se réunirent en conseil contre Jésus pour voir comment le faire périr. »

 

Jésus, par son style de vie, a gagné l’estime des foules, ce que les pharisiens auraient souhaité pour eux-mêmes. L’envie leur rongeait le cœur.
Saint Grégoire le Grand disait : « De l’envie naissent la haine, la médisance, la calomnie, la joie causée par le malheur des autres. »
Pour ces raisons, Matthieu nous montre que Jésus est déjà un condamné à mort. Il reste seulement à trouver le meilleur moyen de le faire mourir.

 

Devant la menace des pharisiens, Jésus décide de s’en aller de là.
« Beaucoup de gens le suivirent, ET IL LES GUÉRIT TOUS »
Au moment même où on cherche un moyen de le faire mourir, Jésus laisse déborder sa miséricorde pour les pauvres.
« Il les guérit tous .»
Matthieu nous fait voir que Jésus est vraiment le reflet parfait de la tendresse du Père. Il se penche sur l’humanité blessée par le péché, une humanité qui ressemble à un roseau froissé ou à une mèche qui faiblit comme le disait le prophète Isaïe. Le Père qui connaît toute la détresse de l’humanité a envoyé son Fils, Jésus, pour la guérir de ses blessures. En Jésus, c’est Dieu qui prend sa revanche sur le mal. Oui, les pharisiens réussiront à le faire périr, mais au bout du compte, c’est l’Amour qui aura le dernier mot puisqu’il ressuscitera le matin de Pâque. Saint Paul le proclamera haut et fort aux Corinthiens :
« Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est-il, ton aiguillon ? » (1 Cor. 15,55)

 

C’est clair que Jésus veut faire de nous des réformateurs comme lui en nous encourageant à nous engager dans une vie de service. Il le disait à ses disciples quand ils discutaient en chemin pour savoir qui était le plus grand. Il le signifiait encore quand, se levant de table, il se mit à laver les pieds de chacun d’eux. On peut voir dans chacune des béatitudes que nous connaissons un appel à libérer nos cœurs parfois trop prisonniers de nos suffisances, de nos trop grandes satisfactions personnelles.

 

Refaisons nôtre ces mots de la prière d’ouverture

« En ta bonté, Seigneur, donne à chacun la claire vision de ce qu’il doit faire et la force de l’accomplir.»