Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 20 Juillet 2018
( Matthieu 12, 1-8 )
« Tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat. »
Critique habituelle des pharisiens à qui Jésus donne deux réponses !
Il leur donne d’abord l’exemple du roi David qui, poussé par la faim, entra dans la maison de Dieu et distribua à ses compagnons des pains sacrés que lui et ses compagnons n’avaient pas le droit de manger. Si le roi David s’est permis de faire ça, pourquoi Jésus n’en ferait-il pas autant ? Pourquoi interdirait-il à ses disciples d’arracher quelques épis pour satisfaire leur faim, eux aussi ?
La deuxième réponse de Jésus est beaucoup plus sérieuse. Il leur dit que les prêtres qui travaillent dans le Temple, le jour du sabbat, ne respectent pas le repos prescrit et que pourtant ils ne commettent aucune faute. Aucune faute parce qu’ils sont au service de Dieu, de celui qui est le maître du sabbat ! Alors Jésus leur fait toute une révélation en leur disant que lui, le Fils de l’homme, est plus grand que le Temple, qu’Il est le maître du sabbat, et que le servir, lui, passe avant le service du Temple. Ainsi Jésus revendique les pouvoirs de Dieu lui-même.
Le sabbat est un jour de repos que Dieu nous donne. Il nous le donne à la fois comme une grâce et comme une obligation. Jésus qui est le maître du nouveau sabbat nous le donne comme une chance, comme une faveur parce qu’il vient nous donner le repos de Dieu. Il nous le donne aussi comme une obligation en nous invitant à le chercher lui-même parce que c’est toujours en lui que nous pouvons trouver le véritable repos.
« Venez à moi, vous qui pliez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »
Et Jésus ajoute : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice. »
On a entendu cette même affirmation, il n’y a pas si longtemps. Les pharisiens qui prétendaient rendre un culte à Dieu mettaient la miséricorde de côté. Ils n’ont jamais compris que le Dieu qu’ils adoraient voulait la miséricorde pour les humains. Au lieu d’accuser les disciples de mépriser la Loi parce qu’ils arrachaient des épis, ils auraient dû dire : « Ces pauvres hommes ont faim ». Jésus fait clairement un lien entre le culte rendu à Dieu et la vie fraternelle. Le culte que nous rendons à Dieu devrait nous aider à porter le regard de Dieu sur les personnes qui nous entourent, à la manière de Jésus. On sait très bien comment Jésus a regardé les hommes et les femmes de son temps, en faisant la vérité souvent, mais sans juger ni condamner.
Notre cœur est appelé à se laisser toucher, à découvrir celui qui habite la parole de Dieu, celui qui habite toutes les situations de nos existences, celui qui chante dans nos liturgies, celui qui inspire les doctrines qui nous éclairent, le Fils envoyé par le Père miséricordieux pour notre salut.
