Homélie Mgr J-C Dufour – 14 Juillet 2018 – Matthieu 10, 36-23

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 14 Juillet 2018

( Matthieu  10, 26-33 )

 

« Ne craignez donc pas ! »
Un petit refrain qui revient trois fois dans l’évangile ! Jésus ne parle pas de ces craintes que nous pouvons vivre au cours de nos journées, mais de cette crainte qui peut empêcher le croyant de témoigner de sa foi et de son attachement à Jésus. Hier, Jésus nous disait
« Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. »
Jésus nous parle donc de cette crainte qui est rattachée à notre mission, la crainte de paraître fou devant les autres parce qu’on est croyant ou croyante, la crainte des insultes, des racontars et du mal qu’on peut dire contre nous, et bien sûr, la crainte de la persécution.

 

Quand on demande à Jésus de nous libérer de la crainte, il nous répond que « Le serviteur n’est pas au-dessus de son maître . »
Le serviteur de Dieu n’aura pas un avenir différent de celui de Jésus qui est passé de la mort à la vie. Déjà Jésus veut nous faire comprendre que Dieu seul est le maître de la vie et personne d’autre.

 

Jésus poursuit son enseignement en disant que « Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. »
Parfois, on comprend cette phrase en nous disant que tous nos secrets vont finir par paraître au grand jour, que tout finira bien par se savoir. Je ne suis pas sûr que ce soit rassurant, mais ce n’est pas la bonne façon de comprendre. N’oublions pas que Jésus nous dit ça dans un contexte de mission. Il nous envoie porter un message qu’il nous a fait connaître ; il nous envoie dévoiler les richesses de son message au monde. Ce que Dieu a murmuré à notre oreille de disciple, ce qu’il n’a jamais cessé de murmuré à son peuple, il nous demande de le crier sur les toits pour que son message ne soit pas caché, mais connu de tous. Autrement dit, la lumière du Christ fait son chemin et continuera de poursuivre son chemin jusqu’à ce qu’elle soit victorieuse.

 

Et puis Jésus nous invite à ne pas craindre les hommes et à nous laisser habiter par la crainte de Dieu, crainte de Dieu qui est le commencement de la sagesse dira saint Paul aux Romains.
La crainte des hommes, c’est la crainte de leur jugement, c’est ce qui nous ronge, nous paralyse et nous conduit au doute. La crainte de Dieu est bien différente, elle est un mélange de respect et d’affection, de respect devant la grandeur de Dieu et d’affection quand on se découvre ses enfants. La crainte de Dieu, c’est la délicatesse de l’homme qui répond à la délicatesse de Dieu. Loin de nous paralyser comme la crainte des hommes, la crainte de Dieu nous rend capables de reconnaître la tendresse de Dieu et réveille ce qu’il y a de meilleur en nous.

 

Jésus nous invite à ne pas craindre, à ne pas avoir peur de paraître fou parce qu’on est croyant ou croyante, à ne pas avoir peur des insultes et du mal qu’on peut dire contre nous. Il veut que nous soyons ses témoins, qu’on se déclare pour lui, solidaires du Christ n’importe où et n’importe quand malgré toutes nos limites et nos faiblesses. À ce moment-là, nous pouvons faire nôtre la prière du psalmiste :

 « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je ? » (Ps 26,1)