Homélie Mgr J-C. Dufour – 8 Juillet 2018 – 14e Dimanche Ordinaire « B » Marc 6, 1-6

Homélie Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 Juillet 2018 – 14e Dimanche Ordinaire « B » (  Marc 6, 1-6 )

Liturgie des Heures : semaine : II

 

Trois lectures et trois situations semblables !

Dans la 1re, on voyait le Seigneur choisir Ézéchiel pour l’envoyer vers un peuple de rebelles, vers des gens qui ont le visage dur et le cœur obstiné. On sait que le prophète trouvait qu’il n’avait pas les capacités nécessaires pour accomplir une mission pareille et pourtant l’histoire nous démontre qu’il a été un merveilleux serviteur, un prophète extraordinaire parce que la force de Dieu était avec lui.

 

Situation semblable pour l’apôtre Paul dans la 2e lecture. Comme Ézéchiel, il a fait l’expérience de la faiblesse. Il déclare avoir « Une écharde dans la chair. » On ne sait pas trop ce que c’était, mais sûrement quelque chose qui l’humiliait et le faisait souffrir. Il vient de nous dire ce qui le faisait souffrir : « Les insultes, les contraintes, les persécutions, les situations angoissantes. »

 

Mais lui aussi, comme Ézéchiel, a été un serviteur extraordinaire parce que la puissance de Dieu était avec lui. Il a parcouru le monde pour annoncer l’évangile, il a fondé de nombreuses communautés d’Église, réalisé des choses impressionnantes. Il avait bien raison de déclarer que :
« La puissance de Dieu donne toute sa mesure dans la faiblesse » « Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

 

Même situation dans l’Évangile ! Les proches de Jésus étaient profondément choqués à son sujet. Ce qui fait que Jésus s’étonne de leur manque de foi, qu’il ne peut faire beaucoup de miracles, et qu’il est même obligé de changer de projet et s’en aller vers d’autres villages. On voit que le cœur de l’homme est capable de paralyser le Bon Dieu.
« N’est-il pas le fils de Marie », disent les gens.
Mettez-vous à la place de Marie, un moment ! Elle découvre que son Fils n’est pas aimé ni accueilli, que, à la manière d’Ézéchiel et de Paul, il doit exercer sa mission en empruntant un chemin d’humilité et de pauvreté qui ira jusqu’à la croix, signe de faiblesse extrême. Apparemment tout est perdu ! C’est la défaite totale. Et pourtant, la puissance de Dieu était avec lui et il remportera la plus grande victoire qu’on puisse imaginer, la victoire de la vie sur la mort.

 

Nous faisons la même expérience de faiblesse dans notre vie de croyants ! Nous sommes des baptisés, des témoins de Jésus, des prophètes, nous avons une grande mission à remplir, mais il nous semble qu’on nous demande quelque chose qui est au-dessus de nos forces. On se sent petits et faibles. Il faut apprendre à mettre dans notre cœur l’affirmation de Saint Paul : « La puissance de Dieu donne toute sa mesure dans la faiblesse. » Nous sommes appelés à être des prophètes, avec la grâce de Dieu qui rend les plus faibles capables de faire des merveilles.

 

Dans notre monde, il y a plein de ces petits qui sont grands aux yeux de Dieu, pleins de ces faibles qui sont forts à cause de Dieu et pour lui. On n’a qu’à penser à mère Teresa, par exemple.
Il y a un président africain qui déclarait dans un discours : « Nous n’avons pas la puissance d’envoyer des vaisseaux dans l’espace, mais nous pouvons lancer des fusées d’amour vers tous nos semblables où qu’ils soient. »
Comme au temps du Christ, il y a toujours aujourd’hui, des prophètes, des apôtres de l’amour qui fréquentent des samaritains hérétiques, des Marie-Madeleine parfumées, des Zachée scandaleux.

 

« La puissance de Dieu donne toute sa mesure dans la faiblesse. »
Au cours de notre célébration, reconnaissons d’abord les dons que le Seigneur nous fait. En le faisant, c’est le donateur lui-même que nous accueillerons. Laissons entrer dans notre cœur, comme un grand rayon de soleil, la force et la puissance du Seigneur ; c’est elle qui nous rend capables d’être prophètes et de réaliser des merveilles.