Homélie Mgr J-C Dufour -2 Juillet 2018 – Matthieu 8, 18-22

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 Juillet 2018

( Matthieu 8, 18-22 )

 

On n’est jamais quitte avec la Parole de Dieu, elle a toujours un petit quelque chose d’étrange. On la lit, on pense qu’on a tout compris pour découvrir, à un moment donné, qu’on a encore tout à comprendre. Elle nous a remués en profondeur, et au bout d’un moment, elle réapparaît toute neuve comme si on l’écoutait pour la première fois.

 

Un scribe vient de s’approcher de Jésus pour lui dire
« Maître, je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus n’a pas de problème avec ça. Il ne dit pas « non » à cet homme qui veut le suivre. Lui-même en appellera d’autres à le suivre. Mais quand l’homme lui dit
« partout où tu iras », il manifeste une grande ambition qui fait réagir Jésus.
« Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête ».

 

C’est toute la vie de Jésus qui est dans cette affirmation. Il est né dans la pauvreté au hasard d’un voyage. Avec Joseph, il a gagné son pain à la sueur de son front au prix de grandes fatigues comme tous les artisans. Il est mort en pauvre cloué sur une croix, en dehors de la ville en plus. Il a fallu que Joseph d’Arimathie lui donne un tombeau et que d’autres personnes fassent le don d’un linceul pour envelopper son corps.

 

Si tu penses, dit-il au scribe, qu’en te mettant à ma suite tu vas vivre plus aisément, tu te trompes. Je me suis fait plus pauvre que les renards et les oiseaux qui ont au moins un abri ; je n’ai pas le moindre petit coin de terre qui m’appartienne, pas d’endroit où me reposer. Je veux que mes disciples me ressemblent…

 

Jésus ne demande pas à tout le monde de parcourir les routes, de circuler de village en village comme lui l’a fait, mais il nous invite à marcher à sa suite, à tenir bon malgré tous les imprévus. Suivre Jésus, c’est, comme lui, oser vivre pour Dieu et pour le monde.

 

C’est le choix que vous avez fait. Dans vos constitutions, au chapitre sur la pauvreté consacrée, on trouve ce petit paragraphe :

 « Appelée par sa vocation d’adoratrice à vivre dans l’intimité de Jésus-Hostie, son souverain Bien, la Servante de Jésus-Marie choisit de le suivre dans la vie de la pauvreté évangélique, mettant en Lui seul son espérance. Là où est son trésor, là aussi est son cœur. »

 

En préparant mon homélie, je suis tombé sur une petite phrase que j’ai cueillie comme une fleur à vous offrir aujourd’hui. Cette petite phrase disait :

« Il y a une prière que le Christ écoute toujours, celle d’une communauté de pauvres qui lui redit, avec la témérité d’un amour sincère et réaliste :
« Seigneur, nous te suivrons, ensemble, où que tu ailles. »