Homélie Mgr J-C. Dufour – 1er Juillet 2018 – 13e Dimanche Ordinaire « B » Marc 5, 21-43

Homélie Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 1er Juillet 2018 – 13e Dimanche Ordinaire « B » (  Marc 5, 21-43 )

Liturgie des Heures : semaine : I

 

On pourrait bien s’émerveiller devant les gestes de Jésus qui guérit une femme et ressuscite une petite fille. Marc aime bien nous présenter un Jésus qui a hâte d’agir contre toutes les forces du mal : les esprits mauvais, les maladies et même la mort.

 

Mais Marc veut bien moins nous raconter des histoires merveilleuses, et bien plus nous amener à un autre niveau. On pouvait le voir quand Jésus dit à la femme « Ta foi t’a sauvée »
et quand il dit à Jaïre par la suite,
« Ne crains pas, crois seulement.»

En apôtre qu’il est, Marc sait bien que la seule chose qui peut nous faire résister à Jésus, c’est notre incroyance, notre manque de foi. Il veut nous amener à une foi toujours plus profonde.

 

Il commence en nous disant qu’une « grande foule s’assembla autour de Jésus. » Ces gens qui suivaient Jésus avaient une foi fragile, une foi qui en était à ses tout débuts, encore imparfaite. Aussi, quand on annonce à Jaïre que sa petite fille est morte, on lui dit :
« À quoi bon déranger encore le Maître »
et quand Jésus affirme qu’elle dort,
« on se moquait de lui ».
Remarquez bien que Jésus ne méprise pas ces gens qui ont une foi fragile. Au contraire, il veut toujours les amener plus loin. Il y a une petite leçon à retenir pour nous là-dedans. Nous aussi, il faut bien se garder de mépriser ces gens qui paraissent avoir une foi fragile. Ce mépris existe, je l’ai vu souvent. Comme Jésus, il faut bien plus chercher à les amener plus loin.

 

Marc nous fait faire un pas de plus en nous parlant de cette femme qui lutte courageusement pour recouvrer la santé depuis 12 ans. Elle se fraie un chemin vers Jésus en se disant :
« Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée.»
À l’époque, celui qui touchait une femme que les gens considéraient comme impure devenait lui-même impur. Ça n’arrête pas Jésus. Sentant qu’une force était sortie de lui, il demande
« Qui m’a touché ? »
On sent que Jésus veut une rencontre personnelle, conduire la femme à une foi personnelle, une foi plus vraie, plus éclairée. À l’époque encore, celui ou celle qui touchait un mort devenait aussi impur. Ça n’arrête pas Jésus.
« Il saisit la main de l’enfant. »
Encore une démarche personnelle !

 

Et Marc veut nous permettre de faire encore un pas de plus en nous parlant de Jaïre, ce père désemparé qui tombe aux pieds de Jésus et le supplie de venir guérir sa petite fille en train de mourir. Surprenant les mots de ceux qui viennent lui apprendre que son enfant est morte, Jésus lui dit :
« Ne crains pas. Crois seulement. »
Jésus souhaite que Jaïre fasse un pas de plus dans sa foi. Il veut le faire passer à une foi pascale, une foi en la résurrection, à croire que lui, Jésus, est vainqueur de la mort. En prenant la main de la petite fille, Jésus lui dit :
« Talitha koum ! Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » 

« Ne crains pas, crois seulement ! » Ces mots que Jésus adresse à Jaïre, c’est à nous qu’il les dit aujourd’hui.
Crois que je te conduis à la vie avec une grand « V ».

 

Lorsque la jeune fille se lève et se met à marcher, Jésus « leur dit de la faire manger ».
Ce n’est pas juste un petit détail ! Par notre baptême, nous sommes passés nous aussi de la mort à la vie.
Comme la petite fille, nous nous sommes levés pour marcher à la suite de Jésus. Il nous invite à manger, à prendre part à la table de l’eucharistie, pour prendre des forces nous aussi, pour que notre foi ne s’affaiblisse pas, mais qu’elle devienne de plus en plus forte et vraie.