Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 27 Juin 2018
( Matthieu 7, 15-20 )
Deux petites paraboles dans l’évangile, brebis et des loups, arbres et fruits. Deux petites paraboles où Jésus nous parle des prophètes.
On peut comprendre que saint Matthieu nous rapporte ces paroles de Jésus. Aux premiers temps de l’Église, il y avait des prophètes. Saint Luc nous dit qu’il y avait des prophètes à Antioche. Dans les Actes des Apôtres, on lit que Barnabé et Paul « rencontrèrent un mage, un faux prophète, c’était un juif du nom de Barjésus ». Saint Jean, dans sa première lettre, écrit que beaucoup de faux prophètes de sont répandus dans le monde. (1 Jean 4,1) Il fallait apprendre à distinguer entre les bons et les mauvais prophètes.
Les consignes de Jésus sont toujours valables aujourd’hui. Il y a toujours des gens qui se déclarent prophètes, qui se disent porteurs d’un message libérateur, inspirés par des signes du temps présent.
Jésus vient de nous dire :
« Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. »
Ces prophètes déguisés en brebis sont les plus dangereux parce qu’ils se présentent comme des membres de la communauté alors qu’ils sèment la division, la discorde, la jalousie, la mésentente. Les bons prophètes au début de l’Église prévoyaient rarement l’avenir. Calmement, sagement, ils parlaient au nom de Dieu. Ils s’attachaient à lire les événements à la lumière de la parole de Dieu et de son dessein. Ils interprétaient la volonté de Dieu dans des circonstances concrètes.
Comment peut-on distinguer entre les bons et les faux prophètes ? C’était la question au début de l’Église. Jésus nous donne un critère infaillible pour les identifier :
« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »
La vérité des paroles finit toujours par se révéler dans les actions et les gestes posés. Saint Paul, par exemple, dans la première lettre aux Corinthiens disait :
« celui qui prophétise parle pour les hommes : il est constructif, il réconforte, il encourage. » (1 Cor 14,3)
J’ai dit tantôt que les consignes de Jésus sont toujours valables et elles nous concernent de près. Quand nous avons été baptisés, le célébrant a déclaré solennellement sur nous :
« Désormais, tu es prêtre, prophète et roi. »
Alors il faut savoir se questionner à partir de l’évangile : quelle sorte de prophète sommes-nous ?
Sommes-nous de bons ou de mauvais prophètes ?
« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez .»
Produisons-nous les fruits attendus ?
Saint Paul nous parle abondamment des fruits que le bon arbre produit, que le bon prophète produit :
- Vivre dans l’amour fraternel (1 Co 13)
- Goûter les fruits de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi (Ga 5, 22-23a)
- Bâtir le corps du Christ dans l’unité (Éphésiens 4, 1-16)…
Ce qui est au-dessus de tout ça, c’est de savoir reconnaître au milieu des bons et des mauvais prophètes, le Christ Jésus qui est notre Sauveur et notre Dieu, celui que nous venons rencontrer dans cette Eucharistie.
