Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 8 Juin 2018 – Solennité du Sacré-Cœur de Jésus
Le Sacré-Cœur de Jésus, 1ière fête de la communauté des Servantes de Jésus-Marie
( Jean 19, 31-37 )
Dimanche dernier, à la fin de la messe, j’ai dit que la fête du Très Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ allait se prolonger dans la fête du Sacré-Cœur de Jésus aujourd’hui. On n’a pas besoin de circuler beaucoup dans la maison pour nous rendre compte que vous avez une grande dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. De fait, c’est la première fête de la communauté, une fête qui a sans doute beaucoup d’importance dans votre vie.
On le voit, dans vos constitutions, au chapitre de vos dévotions fondamentales. On y trouve cette phrase qui dit :
« La dévotion au Sacré-Cœur, dans son rayonnement eucharistique, anime toute la vie des Servantes de Jésus-Marie. Jésus, venu apporter le feu sur la terre, nous offre en son Cœur le symbole de la plus ardente charité. De l’Ostensoir comme sur la croix, il attire tout à Lui. Car le Christ ressuscité et toujours vivant continue à déverser les richesses de son amour par l’Eucharistie et le Sacerdoce. » (Constitution et normes, dévotions fondamentales)
Dans toutes les langues du monde, le mot « cœur » est synonyme d’accueil, de tendresse et de miséricorde. Ça va plus loin dans la bible ! Le mot « Cœur » désigne tout ce qui fait le monde intérieur d’un être humain, son intelligence, sa volonté, son affectivité. La fête du Sacré-Cœur est cette fête qui nous révèle Dieu dans toute la profondeur de son être en nous disant que « Dieu est amour ». La fête du Sacré-Cœur, c’est Dieu qui, en Jésus, se révèle bien humblement dans la profondeur de l’être humain et dans toute sa délicatesse.
Ils sont beaux les mots de Dieu que le prophète Osée nous révélait dans la 1ière lecture :
« J’ai aimé Israël dès son enfance… je lui apprenais à marcher… Je le traitais comme un nourrisson… je me penchais vers lui pour le faire manger. »
Pour moi, cette annonce du prophète Osée, suivie de l’évangile qui nous montre Jésus en croix nous fait voir que le Sacré-Cœur est un profond mystère d’humilité. C’est bien dans l’humilité et dans l’humanité d’un cœur humain que Dieu fait rayonner son être. C’est ce que nous sommes invités à contempler.
Saint Jean ne cesse de répéter que « Dieu est amour ». Cet Amour qui est Dieu nous a été révélé d’une façon concrète tout au long de l’histoire d’Israël à travers des alliances renouées et malgré les infidélités humaines.
Mais c’est en Jésus qu’on en découvre toute la profondeur. Il n’y a rien de plus grand que cet amour qu’on voit en Jésus puisqu’il est celui de Dieu, plus encore il est Dieu lui-même. L’amour peut bien faire de belles déclarations, mais il se prouve surtout par des actes.
« Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15,13)
Le geste extrême de l’amour, Matthieu nous le décrivait dans l’évangile tantôt. C’est le geste de cet homme innocent qui se laisse librement mettre sur une croix. Et le signe le plus fort de cet amour, c’est son cœur transpercé par la lance d’un soldat et exposé à nos yeux.
Ce que je retiens surtout de cette fête, c’est que le chemin de l’amour est toujours celui de l’abaissement et de l’humilité. Ste Thérèse de l’Enfant Jésus disait :
« le propre de l’amour est de s’abaisser… jusqu’au néant pour le transformer en Feu. »
C’est toute la vie de Jésus. Je le redis, la fête d’aujourd’hui nous dévoile l’humilité du Fils de Dieu qui n’a pas quitté les limites de son humanité pour nous prouver son amour.
J’ai commencé mon homélie en faisant allusion aux représentations du Sacré Cœur qu’on voit dans le couvent. Ces représentations nous rappellent que nous ne méritons pas l’amour de Dieu, que c’est lui qui nous a aimés le premier, et devraient faire jaillir en nos cœurs un cri de reconnaissance. Nous sommes appelés à répondre à cet amour. Comment y arriver ? En nous mettant à l’école de Jésus, en faisant en sorte que notre cœur se laisse atteindre par la tendresse divine et l’humilité de Dieu. Méditer le Sacré Cœur de Jésus ne peut faire autrement que rendre humble le cœur des enfants de Dieu.
Après avoir écrit mon homélie, je suis allé relire les mots de votre constitution qui touchent votre dévotion au Sacré-Cœur. Il est écrit au no 6.
« La louange eucharistique leur rappelle l’obligation de se sanctifier et de se sacrifier, pour que se réalisent les désirs du Cœur de Jésus. » C’est bien la raison d’être de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, nous laisser toucher par la profondeur de l’humilité et de l’amour de Dieu manifesté en Jésus pendant toute sa vie et jusque sur la croix.
