Homélie Mgr J-C. Dufour -2 Juin 2018 – Sainte Marie, Ève nouvelle – Marc 11, 27-33

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 Juin 2018 – Sainte Marie, Ève nouvelle

Marc 11, 27-33 )

 

Un jour de funérailles, juste au moment où j’entrais à l’église pour aller accueillir un cercueil à l’entrée, un homme s’est mis à me crier « Qui es-tu, toi ? Pour qui te prends-tu ? » Ça surprend un peu !

 

Ce sont les mêmes questions qui traversent les quatre évangiles d’un bout à l’autre et qu’on retrouve dans l’évangile de ce matin. Hier, l’évangile nous racontait que Jésus avait expulsé les vendeurs du Temple et renversé les comptoirs des changeurs. Le lendemain, quand il revient au Temple avec ses disciples, les autorités religieuses lui demandent : « Par quelle autorité fais-tu cela ? »

 

Les gens qui rencontraient Jésus étaient à la fois déconcertés et émerveillés devant ce qu’il était, et ça les amenait à se poser des questions : n’est-il pas le fils du charpentier, sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? Jésus nous ressemble : il est né d’une femme, il mange, il boit, il participe à des noces.

 

Les gens avaient déjà remarqué que Jésus s’exprimait et agissait d’une façon bien à lui. Il manifestait une présence bienfaisante, réconfortante. Il soignait leurs blessures, guérissait les blessures du cœur. Ils voyaient en Jésus des gestes et des attitudes qui sont réservés à Dieu en se disant qu’un tel homme ne pouvait venir que de Dieu.
Dans le même sens, Saint Thomas d’Aquin écrivait : « La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute-puissance consiste justement à faire miséricorde»
Tout ça amenait les gens à se poser des questions. Comment un humain peut-il poser des gestes qui conviennent seulement à Dieu ? Devant tout ça, il y a des gens qui s’émerveillaient et d’autres qui étaient scandalisés comme les chefs religieux ce jour-là.

 

Quand il avait pris la parole dans la synagogue de son village Jésus avait lu un texte du prophète Isaïe qui disait :
« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés. » (Luc 4,18)
Ayant refermé le livre, Jésus leur déclara qu’avec lui, la prophétie du prophète Isaïe se réalisait. Suite à ça, on comprend que Jésus ait déclaré à ceux qui avaient du mal à croire en lui
« Si vous ne voulez pas croire en moi, croyez en mes œuvres, pour savoir et reconnaître que le Père est en moi, et moi dans le Père » (Jn 10, 25)

 

Les gens se posaient de grosses questions devant Jésus. Puisque notre vocation nous appelle à devenir « copie conforme », de Jésus, les gens devraient s’en poser devant nous aussi :
« Pourquoi sont-ils, sont-elles comme ça ? Pourquoi vivent-ils, vivent-elles de cette manière ? Qu’est-ce qui les inspire ? »

 

Jésus apparaissait aux gens de son temps comme un homme nouveau. Ce matin, les textes de la messe nous présentaient la Vierge Marie, comme la nouvelle Ève, comme celle qui avait dénoué le nœud de la désobéissance de la première Ève au paradis terrestre. Marie est la première créature du peuple nouveau, la femme nouvelle. Demandons à celui qui a donné un cœur nouveau à Marie, de nous donner de ressembler nous aussi à son Fils, à cet homme nouveau qui est le Christ Jésus.