07 mai 2018 – Lundi 6e Semaine de Pâques Jean 5, 26-16,4a

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 7 Mail 2018 – Lundi 6e Semaine de Pâques

 ( Jean 15, 26-16,4a )

 

Dans la parabole de la vigne que nous avons entendu, il n’y a pas longtemps, Jésus avait décrit à ses disciples la force des liens qu’il y avait entre Lui et son Père, entre Lui et eux. Par après, il ne leur cache pas qu’ils vont affronter, eux aussi et comme lui, toute sorte d’oppositions : ils seront exclus des synagogues, ils feront face à la haine et seront persécutés. Même que les gens s’imagineront offrir un sacrifice à Dieu en les mettant à mort!

 

Alors, une question qui se pose! « Comment feront-ils face à tout ça? » Jésus leur répond en leur annonçant l’envoi d’un Défenseur, de l’Esprit de vérité. C’est lui qui sera à côté des disciples pour leur donner la force de témoigner dans les procès qui leur seront faits. Ils pourront même témoigner jusqu’au bout comme le Christ que saint Jean identifie comme le témoin fidèle dans les premières lignes de l’Apocalypse. (Apo 1, 4-5)

 

C’est vrai que Jésus a été le témoin fidèle, nous le savons bien. Dans les années qui ont suivi son départ, ses disciples l’ont été eux aussi, comme des milliers d’hommes et de femmes l’ont été au cours des siècles jusqu’à aujourd’hui. Maintenant, c’est nous qui sommes appelés à être des témoins fidèles. Comment pouvons-nous l’être en notre temps?

 

On définit un témoin comme quelqu’un qui a vu quelque chose que les autres n’ont jamais vu. Les disciples peuvent être témoins parce qu’ils ont vécu avec Jésus; ils l’ont accompagné Jésus pendant quelques années. Ils ont écouté ses discours et ses enseignements. Ils ont vu ses signes et ses miracles. Quand il s’est agi de remplacer Judas dans le collège des Apôtres, ils tirent au sort parmi ceux qui, comme eux, avaient vu et entendu Jésus. Ce n’était pas suffisant. Il a fallu encore que l’Esprit vienne en eux.

 

Nous pouvons nous aussi être témoin de Jésus. L’Esprit continue toujours de rendre témoignage au Christ. Il le fait quand nous croyons que celui qui habite au fond de nos cœurs, c’est le même que celui qui est venu il y a 2000 ans. L’Esprit continue de rendre témoignage au Christ quand on voit que Jésus habite concrètement des vies d’hommes et de femmes.

 

Nous sommes appelés à témoigner que Jésus a changé et continue de changer quelque chose dans notre vie. Notre témoignage peut prendre toute sorte de couleurs, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il faut s’attendre à produire des signes merveilleux, extraordinaires. C’est dans notre façon de vivre que nous témoignons de l’action de Dieu dans notre vie. Le langage que les hommes comprennent le mieux, c’est toujours celui des gestes concrets. C’est en nous voyant vivre que les gens peuvent en arriver à se demander ce qui nous habite pour nous donner de vivre d’une façon différente.
J’ai toujours retenu ces paroles du pape Paul VI, qui, lors d’une rencontre pour préparer une Journée de prière pour les vocations, avait dit :
« Les hommes d’aujourd’hui ont bien plus besoin de témoins que de maîtres. Et lorsqu’ils suivent des maîtres, c’est parce que leurs maîtres sont devenus des témoins. »

 

Je retiens deux choses de cet évangile.

 

Saint Jean a écrit ces mots au moment où les chrétiens vivaient des persécutions, des persécutions se sont poursuivies tout au long des siècles jusqu’à aujourd’hui. Portons dans notre prière tous ces chrétiens qui sont actuellement persécutés dans notre monde.

 

Chez nous, nous vivons dans contexte plus calme, mais au milieu de l’indifférence et de remises en question. L’évangile nous invite à faire confiance à l’Esprit Saint pour oser témoigner de notre foi au Christ et à Celui qu’il est venu nous révéler. C’est aussi à porter dans notre prière aussi aujourd’hui.