02 mai 2018 Saint Athanase Jean 15, 1-8

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 2 Mai 2018 – Saint Athanase

(  Jean 15, 1-8 )

 

Quand les peintres veulent produire un tableau, ils ajoutent de la peinture sur une toile. Pour l’architecture, on ajoute pierre sur pierre. Les musiciens insèrent notes après notes sur les lignes de musique. Quand il s’agit de la sculpture, c’est le contraire, on n’ajoute rien, on retranche, on enlève. Je vous ai raconté dimanche qu’au cour d’une promenade avec des amis, Michel-Ange vit un bloc de marbre qui sortait de terre. Il s’arrêta brusquement et déclara aux personnes qui l’accompagnaient : « il y a un ange qui est enfermé dans ce bloc de marbre, je dois le faire sortir ». Il commença à dégrossir le bloc de marbre jusqu’à ce qu’apparaisse la silhouette d’un ange.

 

C’est ça le travail du Bon Dieu! En ce temps de Pâques, nous voulons nous rappeler que le plus beau des enfants des hommes a accepté de devenir le plus laid de tous les humains. Le prophète Isaïe nous l’annonçait vendredi sait : « Il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien plus nous plaire ». Par amour, il a pris la croix sur lui et il en est sorti tellement beau le matin de Pâques que ses disciples avaient du mal à le reconnaître. Leurs yeux étaient incapables de voir une telle beauté comme sur la montagne de la Transfiguration.

 

Nous croyons que Dieu s’est fait chair en Jésus, qu’il est devenu l’un de nous. Saint Bonaventure disait que si Dieu s’était incarné, c’était d’abord pour achever sa création, pour que nous retrouvions notre beauté première. Dieu, en Jésus, est venu nous émonder, enlever ce qui est inutile en nous, pour qu’on devienne tellement beaux qu’il veuille venir habiter en nous. Il est venu compléter la créature nouvelle que nous sommes afin que nous soyons sa demeure.

 

Les mots « émonder, couper, tailler, diviser, trancher » peuvent facilement nous apparaître comme des mots douloureux. Le vigneron qui taille sa vigne ne veut pas la blesser, la faire mourir, mais lui permettre de porter de beaux fruits. On dit que les bourgeons inutiles poussent tellement vite sur la vigne, que le vigneron doit l’émonder chaque jour. Chaque jour, Jésus vient nous émonder pour faire ressortir l’être de Dieu que nous sommes, créé à son image et à sa ressemblance. Nous sommes des œuvres d’art sculpté par l’artiste vigneron qui est Dieu. En 2009, s’adressant à des artistes, le pape Benoît XVI leur avait dit :
« Laissons le sculpteur Dieu nous émonder et nous serons des épiphanies de beauté. Nous avons été créés pour montrer la beauté de Dieu
». 

 

Quand nous avez eu des portes ouvertes, le 22 avril, qu’est-ce que les gens, les visiteurs ont retenu? Ce n’est pas la beauté de la bâtisse que les gens ont retenu, mais des sœurs qui leur parlaient, des sœurs qui souriaient. Vous leur avez permis de changer leur image de la vie religieuse pour découvrir une vie religieuse insoupçonnée.

 

Il y a plusieurs manières de mener une vie chrétienne de toute beauté : il y a la manière de la charité fraternelle, celle de la sagesse, celle d’une vie simple et sainte, celle d’être témoin du Christ à la manière de Saint Athanase que nous fêtons aujourd’hui.
Quand le pape Jean XXIII a annoncé le concile, il affirmait que c’était pour que l’Église renouvelle sa beauté et brille d’une nouvelle splendeur. Il disait :
« Le Concile qui vient de s’ouvrir est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l’Église, et déjà les premiers rayons du soleil levant emplissent nos cœurs de douceur ».
Je pense que c’est toujours vrai, c’est toujours actuel. Montrons que c’est beau d’être chrétien, chrétienne; c’est la meilleur façon de faire de l’évangélisation.