14-mars-2018

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 14 Mars 2018

( Jean 5, 17-30 )

 


Messe  
des Funérailles  de S. Réjeanne Saucier 

publiée au bas de cette page.

 

Je vous ai déjà raconté cette histoire, mais je pense que ça vaut la peine de la reprendre.

Un curé de paroisse qui venait d’avoir une nouvelle nomination s’adressait pour la dernière fois à ses paroissiens. Comme moi, il avait été très longtemps dans cette paroisse, jusqu’à célébrer les mariages de personnes que j’avais baptisées. Parlant à ses paroissiens du fond du cœur, il leur dit :
« Je vais vous dire un secret que même les membres de ma famille ne connaissent pas. J’ai écrit dans mon testament que je voulais être enterré avec vous ici dans la paroisse parce que je veux ressusciter avec vous tous. »
Ses paroissiens étaient dans l’admiration parce qu’ils s’attendaient à ce qu’il dise « parce que c’est ma paroisse » ou « parce que je veux être enterré à côté de vous autres », mais ce n’est pas qu’il a dit, lui, il a dit qu’il voulait ressusciter avec les siens.

 

Jésus qui vit en communion totale avec son Père, qui vit une réciprocité parfaite avec lui, nous fait toute une promesse en cette quatrième semaine du carême et nous invite à y croire. Il vient de guérir un paralysé le jour de sabbat, il vient de lui permettre de mieux vivre. Ça va beaucoup plus loin dans l’évangile. On le voit à travers plusieurs affirmations.
« « Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. » « L’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix; alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter » C’est ça la promesse de Jésus, une promesse de résurrection.

 

Et il nous demande d’y croire. Il y a beaucoup de personnes qui ne croient plus à cette réalité de notre foi. On véhicule d’autres idées comme la réincarnation, par exemple. Chaque dimanche, nous professons notre foi, « Je crois à la résurrection de la chair ». On peut accepter d’y croire seulement parce que l’Église nous le dit sans que ça aille très loin.

 

Essayons de comprendre, non avec notre tête mais avec notre cœur ce que nous dit saint Paul
« S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu ; et nous faisons figure de faux témoins de Dieu » (1 Cor 15,13-15)
Plus on croit en la résurrection, plus nous sommes fiers de notre foi, plus nous serions dans la joie, plus on aurait de l’espérance, plus on aurait le goût de la transmettre aux autres.

 

Il y a une phrase de Jésus qui, à mes yeux, vient nous rejoindre beaucoup aujourd’hui. C’est quand il nous dit :
« Amen, amen, je vous le dit : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie. »

 

Pensons à Marie, à celle qui s’est mise à l’écoute totale de Dieu au point qu’il vienne demeurer en elle et y prendre chair. Ce n’est pas pour rien que, dans le dogme de l’Assomption, on dise :
« Nous proclamons que Marie, , l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste. »

 

C’est bien l’œuvre de Jésus, nous replacer, par sa Parole, dans le grand courant de la vie éternelle née du Père.

 

 Messe des Funérailles de S. Réjeanne Saucier

 

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 14 Mars 2018 – Funérailles de S. Réjeanne Saucier

( Romain  8, 14-17  Jean 17, 24-26  )

 

Deux petites lectures, mais tellement riches! J’ai l’impression que je vais vous donner seulement des miettes comme dans l’histoire de la Cananéenne.

 

Jésus vient de nous dire « Je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi ».
Pas une petite parole en l’air, un vœu pieux ou un simple désir, mais sa volonté! Il l’a manifesté pendant toute sa vie. C’est la raison de sa venue dans notre monde, c’est la mission que son Père lui a confiée, faire de nous des enfants de Dieu, des héritiers avec lui, des contemplatifs de sa gloire, et ce, il l’a voulu jusque dans les derniers instants de sa vie, jusqu’à celui qu’on appelle le bon larron.

 

Fidèle à son Père, Jésus a toujours voulu que nous cherchions à nous ajuster à la volonté de son Père, comme des enfants, comme lui. Pour nous aider, il va jusqu’à nous donner son Esprit. Saint Paul vient de nous le dire :
« C’est un Esprit qui fait de vous des fils, poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant « Abba ».
Devenir enfant de Dieu, c’est l’histoire de toute une vie. Depuis toujours, le Père a eu pour sœur Réjeanne, une pensée d’amour, un regard d’amour. Il l’a destinée à être sa fille, à vivre comme sa fille, comme une enfant fascinée par le Fils unique et identifiée à Lui. 

 

En faisant de nous ses enfants, le Père a nécessairement voulu faire de nous ses héritiers
« Héritiers avec le Christ à condition de souffrir avec lui »,vient de nous dire saint Paul. Jésus l’avait bien dit à ses disciples :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
Je n’ai pas besoin d’élaborer pour faire le lien entre ces mots de Jésus et la vie de S. Réjeanne qui est maintenant associée à la gloire du Christ dans le monde nouveau. Héritière avec le Christ, sa mort devient un passage. Sa vie se continue autrement avec Celui qui est la Vie. Héritière avec le Christ, elle a part avec Lui à tous les trésors de Dieu. Tout ce que Dieu donne à son Fils il le lui donne.

 

Puisque nous sommes enfants de Dieu, puisque nous sommes aussi ses héritiers, nous pouvons accueillir avec confiance cette parole de Jésus qu’on trouve dans l’évangile de saint Jean :
« Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. » (Jean 14,3)

 

« Je veux qu’ils contemplent ma gloire », nous dit Jésus. Après avoir passé quelques mois à Paris, après un pèlerinage à Lourdes qui fut pour elle un moment de grâce. Certaine de l’amour de Marie, S. Réjeanne décide d’entrer chez les Servantes de Jésus Marie. Elle a voulu entrer, pauvre et heureuse, dans la prière de Jésus, bénir Celui qui l’a bénie, contempler Jésus dans sa Parole et particulièrement dans l’Eucharistie.

 

Notre vie humaine est ouverte sur un bonheur qui nous attend. Chacun et chacune, on peut espérer une place préparée avec amour par notre Père qui est aux cieux. C’est Jésus qui nous le dit. Mais, comment y arriver? Thomas avait posé la question à Jésus :
« Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin? »
Et Jésus lui avait répondu :

« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
S. Réjeanne le connaissait ce chemin.

 

« Assoiffée de sainteté, S. Réjeanne a toujours donné la priorité à son service d’adoration et de louange, malgré les nombreuses occupations du quotidien».
Pendant les 55 ans de sa vie contemplative, elle a su regarder vers Jésus. Elle a su regarder Celui qui est monté vers le Père d’une manière admirable en lui donnant tout, même sa vie. Elle a su regarder Celui que le Père a ressuscité le matin de Pâques pour faire de lui le Premier-né d’une multitude de frères et de sœurs que nous sommes.

 

Rendons grâce au Seigneur qui a voulu que S. Réjeanne soit sur notre route. Elle avait choisi une vie contemplative et nous croyons que Dieu la conduit à la contemplation de sa gloire. Rendons grâce au Seigneur pour sa Parole aujourd’hui en nous rappelant que nous sommes ses enfants, héritiers avec le Christ afin de prendre la place que le Père nous a préparée avec amour.