15-février-2018

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 15 Février 2018

( Luc 9, 22-25 )

 

Quand il avait été tenté au désert, le démon avait offert à Jésus tous les royaumes du monde avec leur gloire. Mais ce n’est pas ce que Jésus a choisi, on vient de le voir dans l’évangile. Pour la première fois, il annonce à ses disciples comment sa vie va finir. Et il le fait alors que Pierre vient tout juste de le reconnaître comme le Messie. Mais les disciples voient toujours le Messie comme un libérateur qui va chasser les Romains du pays, qui va libérer son peuple de l’humiliation et de la servitude? S’il en était ainsi, Jésus répondrait aux espoirs de ses disciples. Mais ce n’est pas le chemin qu’il a choisi.

 

Très lucide, Jésus! L’exécution de Jean Baptiste lui en disait déjà beaucoup. Il sait bien que les autorités de Jérusalem s’inquiètent à son sujet. Il sait bien qu’on a envoyé des docteurs de la Loi pour scruter son enseignement et juger de ses actions. Il sait bien qu’il a démontré beaucoup de liberté par rapport aux traditions que les pharisiens imposaient aux gens. Pour toutes ces raisons, il est bien conscient qu’il devra en payer le prix.

 

Dans la première lecture, Dieu, par la voix de Moïse, disait à son peuple qu’il lui offrait deux chemins : celui du bonheur et de la vie ou celui du malheur et de la mort. Jésus qui vient de nous dire que, parmi les deux voies qui lui était proposées, il n’a pas choisi la voie facile. Ensuite, il vient nous dire, comme Moïse dans la première lecture, que deux chemins s’offrent aussi à nous : sauver sa vie ou la perdre.

 

Dans la première lecture, Moïse invitait les siens à choisir la vie.
« Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa vie, en vous attachant à lui. »
Jésus nous fait la même invitation, choisir la vie. Et choisir la vie, c’est le choisir, c’est l’aimer, c’est l’écouter, c’est nous attacher à lui.

 

Choisir la vie, c’est choisir le Christ à cœur de jour. C’est le mettre dans notre cœur, dans notre intelligence, c’est le servir dans nos frères et nos sœurs, c’est aimer. Il a toujours voulu nous faire comprendre que la vie est dans l’amour que Dieu nous offre et dans l’amour qu’il attend de nous. Aussi, le véritable échec qu’on peut connaître dans notre vie, c’est de vivre sans aimer. C’est pourquoi nous demandons souvent à Dieu dans notre prière de nous apprendre à aimer.

 

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. 

Jésus ne vient pas nous dire « Choisis ta croix »; il ne vient pas nous dire « Fais-toi une croix à ta mesure ».
Prendre sa croix chaque jour et suivre Jésus, ça veut dire aller jusqu’au bout avec lui, jusqu’au bout de son appel, jusqu’au bout de notre réponse. Prendre sa croix de chaque jour, ça ne veut pas dire choisir de manquer notre vie, ça veut dire vouloir la réussir avec Jésus. Et puis il faut bien comprendre que ce n’est pas une croix une fois pour toutes, mais celle qui revient chaque jour parce qu’on aime et que « chaque jour », on décide d’y mettre le prix.

 

Sainte Vierge Marie, toi, la Mère que Jésus nous a donnée,
toi qui as tenu bon jusqu’au pied de la croix,
sois pour nous comme Simon de Cyrène qui a aidé Jésus à porter sa croix,
aide-nous à porter notre croix aujourd’hui et celle de chaque jour,
en regardant Jésus.