10-février-2018

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 10 Février 2018

( Marc 8, 1-10 )

 

C’est la deuxième multiplication des pains dans l’évangile de saint Marc. Lors de la première, Jésus avait d’abord proposé à ses disciples de se reposer : « Venez à l’écart et reposez-vous un peu ». Ils avaient traversé le lac. Une grande foule les attendait déjà de l’autre côté du lac. Jésus, épris de compassion pour tous ces gens « parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger » leur parle longuement pour ensuite multiplier les pains.

 

Aujourd’hui, on voit encore que Jésus éprouve de la compassion pour les gens qui n’ont rien à manger, mais, cette fois, il ne parle plus de brebis sans berger. Pourquoi? Parce que les gens viennent de trouver leur berger en lui. On le voit de deux manières dans l’évangile.

 

D’abord par les gens qui le découvrent. Lors de la première multiplication des pains, les gens s’étaient laissé surprendre par la tombée du jour. (Marc 6,35-36) Mais cette fois, c’est bien différent. On voit que les gens ont choisi de rester avec Jésus. C’est lui qui le fait remarquer à ses disciples en leur disant que les gens demeurent auprès de lui depuis trois jours. J’imagine qu’ils devaient dormir sur place, que leur boîte à lunch était vide, qu’ils préféraient s’abstenir de nourriture pour ne pas s’éloigner de Jésus et ne rien perdre de ses paroles. Tout, dans cette scène, nous dit que les gens ont trouvé un bon berger en Jésus.

 

Ensuite, c’est Jésus lui-même qui se révèle comme un bon berger. La plupart du temps, quand on lit cet évangile, on s’émerveille devant la puissance illimitée de Jésus qui nourrit 4000 personnes. Pourtant, je pense que le plus beau, c’est ce que Jésus nous révèle de lui-même. Nous sommes en présence de la compassion de Jésus, de la beauté d’un Jésus pleinement humain, en présence d’un des plus grands témoignages de sa miséricorde qui transparaît dans ses paroles :
« J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et certains d’entre eux sont venus de loin. »
Vraiment un Jésus bouleversant d’humanité.

 

Nous sommes en présence d’une scène où Dieu, en Jésus, nous révèle qui il est, un Dieu qui se donne, qui partage avec nous ce qu’il est.
Quand Jésus fait remarquer à ses disciples que les gens n’ont rien à manger, les disciples se demandent où ils pourraient trouver ou acheter du pain en plein désert, mais Jésus, comme il l’avait fait la première fois, leur demande ce qu’eux ils peuvent donner; ils n’ont que sept petits pains, ce n’est rien pour 4000 personnes environ.

 

Aujourd’hui, c’est à nous que Jésus vient poser cette question. Qu’avez-vous à donner? Notre réponse, sans doute, ressemble à celle des disciples; on n’a presque rien. Alors, comme dans l’évangile, Jésus vient rompre le peu que nous déposons sur l’autel, et il y en a assez pour nous rassasier parce que c’est lui qui se donne, qui partage avec nous ce qu’il est.

 

Les gens qui mangèrent et furent rassasiés ce jour-là, c’est nous aujourd’hui!