28-janvier-2018

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

 HOMÉLIE : 28 Janvier  2018

 4e SEMAINE DU TEMPS ORDINAIRE « B » ( Marc 1, 21-2 )

 Liturgie des Heures semaine : IV

 

« Quel capharnaüm! » Quand une maman dit ça en sortant de la chambre de son fils, ça veut dire que ce n’était pas beau là-dedans, une chambre encombrée et désordonnée. C’était ça la ville de Capharnaüm au temps de Jésus, une ville de mauvaise réputation où on trouvait des gens peu fréquentables. Jésus a dit de cette ville un jour qu’elle ne serait jamais élevée au ciel, mais qu’elle descendrait au séjour des morts. (Luc 10,15)

 

Un vrai capharnaüm aussi, l’évangile de ce matin! Normalement, ce sont les scribes qui prennent la parole dans une synagogue, mais Jésus est là et il parle avec autorité. Et voilà qu’un homme se met à crier en pleine synagogue! De la violence dans un lieu qu’on imagine paisible! Ce n’est pas le temps ni la place. Et comme si ce n’était pas encore assez, Jésus fait une guérison en plein jour de sabbat. Tout pour nous dire que Jésus est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

 

« Il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. »
Les gens trouvent que Jésus ne parle pas comme les scribes Sa parole les surprend et les réveille. Il dit des choses qu’ils n’ont jamais entendues, ils comprennent et ils s’intéressent. Il parle comme quelqu’un qui connaît le cœur des hommes, comme quelqu’un qui connaît le règne de Dieu, comme quelqu’un qui est porteur d’une Bonne Nouvelle. On comprend que son regard va jusqu’au plus profond de l’homme, qu’il dit dans les cœurs, mais non pour les inquiéter davantage, mais pour rassurer, guérir, libérer et raviver en tout homme un désir de paix et de vérité.

 

« Il enseignait en homme qui a autorité. » Ce ne sont pas juste des mots que Jésus prononce! Sa parole fait vivre, elle va même jusqu’à libérer un homme tourmenté par un esprit mauvais.

 

On raconte qu’un jour, un roi a voulu faire une expérience pour savoir quelle était la langue le plus ancienne parlée par les humains. Il avait fait prendre un bébé à sa naissance, l’avait fait enfermer dans une salle où il ne manquerait de rien, mais il était interdit de prononcer la moindre parole en sa présence. On verrait ainsi quelle langue il parlerait quand il aurait l’âge. Ce qui est arrivé, c’est que l’enfant est mort au bout de quelques mois.

 

Tout ça pour nous dire que personne parmi nous ne serait vivant s’il n’y avait pas eu les paroles d’amour de ses parents dès sa naissance. C’est vrai pour les couples aussi! Un amour sans paroles, ça ne peut pas exister. C’est ça la parole de Jésus, une parole qui déclare l’amour indéfectible de Dieu pour nous, une parole qui fait vivre, qui donne du sens à la vie. C’est ce qui est arrivé au possédé de l’évangile. D’un seul coup, la parole d’autorité du Christ fait de lui un être nouveau qui retrouve sa liberté d’homme.

 

Nous avons bien besoin nous aussi d’une parole d’autorité qui libère. On peut bien être possédé par quelque chose qui ne veut pas céder en nous, par une émotion trop forte, par une passion qui nous habite. Jésus est là. Sa présence est discrète, mais sa parole veut nous guérir, nous libérer. Alors, prenons le temps de laisser la Parole de Jésus pénétrer en nous, nous bouleverser pour faire de nous des êtres neufs, des personnes libres. Alors, notre parole à nous pourra devenir, elle aussi, libératrice. Même notre façon d’agir donnera confiance, donnera envie de se redresser. Nous serons alors des prophètes pour les hommes et les femmes de notre temps.

 

Ce matin, celui qui enseigne en homme qui autorité vient nous rejoindre puisque nous sommes rassemblés en son nom. Il vient toujours à nous pour nous libérer, nous guérir, nous appeler à faire naître un monde nouveau.

J’ai dit, au début de mon homélie, que le mot « capharnaüm » en français exprimait un lieu encombré et désordonné. Et pourtant, en hébreu, le mot « capharnaüm » signifie « Le village du consolateur. » Ce matin, nous sommes venus pour rencontrer le Christ. Pour libérer, consoler, apaiser, sa renommée n’est plus à faire.