26-janvier-2018

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 26 Janvier 2018 – Saints Timothée et Tite

( Luc 10, 1-9 )

 

« Il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. » « Où lui-même allait se rendre ».
Ça veut dire que leur mission, comme la nôtre aujourd’hui, c’est de préparer la venue du Seigneur, de préparer les cœurs de nos frères et de nos sœurs à le rencontrer.

 

Je serais bien surpris si en arrivant un bon matin, je vous voyais partir deux par deux pour la mission, parce que votre mission, elle est ici. Et parmi toutes les consignes que Jésus donne à ses disciples, il y en a au moins deux qui vous rejoignent très bien.

 

La première, c’est celle qui ouvre le discours de Jésus, sans doute parce que c’est celle qui lui tenait le plus à cœur :
« Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

 

C’est une consigne à méditer. Quand nous pensons à la situation de l’Église présentement, au petit nombre d’ouvriers et d’ouvrières, notre prière risque d’être bien timide et même pessimiste. On demande l’aide du Bon Dieu, mais on se prépare au pire. On prie comme des lutteurs découragés et perdus d’avance. Croyons-nous vraiment à la puissance de Celui qui est notre Père, à la présence de l’Esprit qui souffle où il veut?

 

Le Bon Dieu sait bien ce qu’il a semé dans le vaste champ de notre monde. Il sait bien que sa semence va donner un rendement de 30, 60, 100 pour un. Il faut donc apprendre à regarder l’avenir avec confiance. Si Jésus nous demande de prier, ce n’est pas parce qu’il y a une catastrophe qui s’en vient. On n’engage pas des ouvriers pour la moisson quand celle-ci est déjà détruite. Le Bon Dieu sait que la moisson est belle. C’est pour cette raison qu’il veut un supplément de cœur et de bras à l’ouvrage.

 

La deuxième consigne de Jésus qui vous rejoint aussi, c’est celle où il dit aux disciples :
« Dites-leur : « Le règne de Dieu s’est approché de vous »

 

Votre vie de Servantes de Jésus Marie, c’est ça qu’elle vient dire au monde. Les gens vous voient comme des femmes qui se sont données entièrement à Dieu, des femmes vouées à l’Eucharistie, à l’adoration de Jésus-Hostie jour et nuit. Ils voient votre foi, votre vie de prière, votre vie communautaire enracinée dans la paix et l’amour, votre confiance et votre sérénité dans l’épreuve, votre écoute et votre accueil des gens qui viennent vous consulter et demander des prières. À longueur de journée, par vos gestes, par vos paroles, par toute votre vie, vous dites au monde :
« Le règne de Dieu s’est approché de vous ».

 

Humblement, vous proclamez que notre monde est dans les mains d’un Père qui le conduit « avec des liens d’amour ». Le drame de notre monde, c’est de ne pas croire à cet amour, de ne pas reconnaître que Dieu est à l’œuvre pour le bonheur de l’homme, de ne pas entendre ces beaux mots que le prophète Osée mettait dans la bouche du Seigneur :

« Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue; je me penchais vers lui pour le faire manger. » (Osée 11,4)

« C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. » (Osée 11,3)

 

Oui, vraiment, « DITES-LEUR : « LE RÈGNE DE DIEU S’EST APPROCHÉ DE VOUS. »