Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 6 Janvier 2018
( Marc 1, 7-11 )
Nous venons d’écouter une des premières pages d’évangile qui a été écrite sur Jésus. Ce n’est pas pour rien que je vous le dis.
Dès les premiers versets qu’on n’a pas dans l’évangile de ce matin, saint Marc nous dit que « Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de » (verset 5) Jean Baptiste qui proclame l’arrivée du Messie, ce qui suscite tout un mouvement de conversion. Tous ceux et celles qui décident de tourner leur vie vers Dieu vont rencontrer le grand prophète et se font baptiser par lui dans les eaux du Jourdain. Ce baptême signifiait qu’ils désiraient se renouveler intérieurement.
Et celui qui est sans péché, Jésus, se joint volontairement à ces grands de son peuple si on peut dire, pas grands à cause de leur pouvoir, de leur richesse ou de leur science, mais grands à cause de leur foi et de leur confiance en Dieu. Il faut absolument remarquer que le premier geste public de Jésus est un acte d’humilité, et en plus, il se montre solidaire de tous ces gens qu’il vient sauver. Et, c’est à retenir, c’est à ce moment bien précis que Dieu vient nous révéler comment il est proche de son Fils.
« En remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer. »
Sept siècles auparavant, le prophète Isaïe s’était écrié dans une prière suppliante :
« Ah, si tu descendais des cieux et si tu descendais, les montagnes fondraient comme cire. »
Les montagnes qui fondraient comme cire, c’étaient les cœurs endurcis, les discordes, les violences et les agressions. La prière du prophète, c’était la prière suppliante d’un peuple qui, au milieu de sa misère, sent qu’il n’y a plus de communication entre Dieu et les hommes, et que même la communication entre les hommes est devenue difficile.
« Il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé; en toi, je trouve ma joie. »
C’est la prière du prophète Isaïe, la prière suppliante du peuple qui souffrait qui se réalise. On est encore au début de la première page de l’évangile, et le mystère de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, commence à se révéler. On est seulement à la toute première page de l’évangile, et la Sainte Trinité se manifeste : l’Esprit qui descend sur Jésus, le Père qui parle à son Fils et Jésus qui entend.
Comme je l’ai dit tantôt, c’est au moment où Jésus s’humilie et se fait solidaire de ceux et celles qu’il vient sauver que le Père fête son Fils, celui qui est son bien-aimé, celui qui est toute sa joie.
Par la grâce de notre baptême, par la grâce de Dieu, nous sommes devenus des enfants de Dieu, des fils et des filles du Père comme Jésus. Et quand, comme lui, nous prenons la route de l’humilité, quand nous vivons en solidarité avec nos frères et nos sœurs, Dieu nous fête comme il a voulu fêter son bien-aimé parce qu’il trouve en nous toute sa joie.
