Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 28 Décembre 2017
Funérailles de Sœur Françoise Lachapelle, s.j.m. ( S. Françoise-Thérèse )
( 2 Timothée 4, 6-8 – Jean 17, 1-5 )
Chaque fois que nous sommes placés devant la mort d’une personne qu’on a aimée, d’un membre de la famille ou d’une sœur de la communauté, l’Église nous remet devant le cœur de notre foi, comme le proclamait saint Paul aux Corinthiens en leur disant :
« Le Christ a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour… bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà notre message et voilà votre foi » et à un autre moment « Si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité… et votre foi ne mène à rien. »
Ils sont vraiment touchants les mots que Saint Paul écrivait à son ami Timothée dans la première lecture. À ce moment là, il est en prison; il a fait appel à l’empereur, mais il ne se fait aucune illusion sur ce qui l’attend; il sait bien que sa fin approche. Il nous confie, comme à Timothée, ce qui habite le fond de son cœur et toute sa foi en disant :
« J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de justice : le Seigneur me la remettra en ce jour-là » et il prend bien soin d’ajouter « non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation glorieuse. »
Je n’ai jamais rencontré sœur Françoise, mais j’ai appris qu’elle était entrée chez les Servantes de Jésus-Marie, à l’âge de 17 ans, qu’elle s’est consacrée à Jésus-Hostie le 24 mai 1953. Comme le dit le décret de louange, les Servantes de Jésus-Marie
« en plus de rechercher leur sanctification personnelle, se proposent, comme fin spéciale, de rendre un perpétuel hommage au Sacré-Cœur de Jésus dans l’Eucharistie et le Sacerdoce et de promouvoir par leurs ferventes prières, l’unité de la foi. »
Sœur Françoise a vécu 66 ans de vie religieuse.« Elle a rempli avec ferveur son service d’adoration de Jésus-Hostie, de jour et de nuit ».
Pour prendre l’expression de saint Paul, elle a désiré Dieu avec amour, et quand on désire Dieu avec amour, on désire qu’il nous emmène avec lui dans sa gloire de ressuscité.
Ce que Paul disait à son ami Timothée, on le retrouve dans la prière de Jésus qui disait :
« Père,…Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.J’ai révélé au monde que tu étais un Dieu d’amour; j’ai pardonné jusqu’à scandaliser parfois, j’ai guéri des malades, j’ai remis debout des personnes écrasées par leur entourage. J’ai accompli ma mission jusqu’au bout,
« Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi ».
Spontanément, on pourrait bien déclarer « Quel chanceux, Jésus! » Il faut aller plus loin. Si saint Paul désirait que ceux et celles qui auront désiré Dieu avec amour reçoivent eux aussi la couronne de gloire, Jésus aussi puisqu’il nous dit dans sa prière :
« Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ».
Les paroles de Jésus comme celles de saint Paul viennent beaucoup nous rejoindre aujourd’hui. Comme Jésus et comme saint Paul, sœur Françoise a terminé sa mission sur la terre. Comme on le dit dans une prière, tout ce qu’elle a réalisé, tout ce qu’elle a donné, son travail, son amour, toute son existence de femme, trouve maintenant son accomplissement en Dieu.
Tout nous permet de croire que Dieu la glorifie maintenant comme il a glorifié Jésus le matin de Pâques et qu’il va lui remettre une couronne de gloire comme il l’a fait pour saint Paul.
Sœur Françoise est retournée au Seigneur pour se refaire, grâce à Dieu, une vie neuve et permanente, une vie pour toujours et sans fin, une vie de ressuscité qu’on a bien du mal à imaginer. Mais c’est la grande promesse du ressuscité du matin de Pâques. Aussi, demandons-lui de prendre sœur Françoise par la main pour la conduire à la place qu’il lui a préparée depuis toujours dans son royaume.
