Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 18 Décembre 2017
( Matthieu 1, 18-24 )
Un jour que je faisais la visite de paroisse, j’arrive à une maison où je devais sonner à la porte. Sur le perron, il y avait un tout petit garçon, de 4 ans environ, qui s’amusait à enfoncer des clous avec un marteau. Je lui dis « Tiens, un ouvrier » et lui, du tic au tac, de me répondre « Comme saint Joseph ». J’espère que sa connaissance de saint Joseph s’est développée au fil des années parce qu’on n’a jamais fini de le découvrir.
Saint Pierre écrit dans sa deuxième lettre :
« Bien-aimés, il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour » (2 Pi 3,8).
C’est une manière de nous dire que la fidélité se mesure au jour le jour.
Quel bel exemple, celui de saint Joseph qui a trouvé son bonheur à l’ombre de Marie et de Jésus! Quelle fidélité chez ce grand silencieux qui a voulu « s’ajuster » à la volonté de Dieu chaque jour! Quelle fidélité chez cet homme à qui le Bon Dieu a demandé, à plusieurs reprises, de quitter les projets qu’il avait imaginés, projets bien normaux et humains.
Il avait décidé de renvoyer son épouse en secret, mais il obéit à l’ange du Seigneur qui lui dit de prendre Marie chez lui et d’accueillir l’enfant qu’elle porte. Il voulait s’installer à Nazareth mais Dieu a voulu que la naissance du Sauveur se fasse à Bethléem. Il aurait sans doute aimé revenir chez lui, mais il a dû partir de Bethléem en pleine nuit pour se réfugier en Égypte avec Marie et le nouveau-né. Suite à la mort d’Hérode qui en voulait à l’enfant, un ange lui annonce qu’il peut retourner dans son pays et Joseph décide d’aller habiter Nazareth. Chaque fois, sans hésiter, Joseph s’ajuste au plan de Dieu. Fidèle à la Parole de Dieu, Joseph n’avait qu’une seule préoccupation, « l’Enfant et sa Mère ».
Il n’y a pas si longtemps, nous avons écouté une parabole de Jésus qui nous racontait l’histoire d’un gérant à qui son maître avait confié ses biens. Dans une autre parabole, Jésus nous parlait d’un homme qui, partant en voyage, avait confié ses biens à ses serviteurs en leur demandant de les faire fructifier.
Saint Joseph s’est manifesté comme un bon gérant des biens que le Seigneur lui avait confiés. Il a été ce serviteur que Dieu a trouvé en habit de service jusqu’à la fin de sa vie. Nous sommes, comme Joseph, des gérants et des serviteurs des biens du Bon Dieu. Puisse saint Joseph nous aider à être des serviteurs, des servantes que le Seigneur trouvera en habit de service.
À la lumière de l’évangile, on voit que Dieu s’est occupé de l’avenir de Joseph, de Marie et de Jésus. Il s’occupe de notre avenir, à nous aussi. Ça ne veut pas dire que c’est facile à vivre. Nous avons besoin d’être rassurés, nous avons besoin que Dieu nous libère de nos peurs comme il l’a fait pour Joseph et Marie.
« Ne crains pas, Joseph », dit l’Ange du Seigneur. « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu », dit l’ange Gabriel.
N’oublions jamais que c’est un Père qui nous appelle, et que, chez lui, l’amour est toujours très profond.
Les exemples de Marie et Joseph sont là pour nous donner du courage. C’est vrai qu’on peut se sentir bien pauvre devant eux, mais cette pauvreté, nous pouvons l’offrir au Seigneur, ce matin, en le priant de nous accorder de vivre le moment présent, à la manière de saint Joseph et de Marie, dans la confiance et la fidélité.
