Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 Décembre 2017
( Matthieu 11, 16-19 )
Quand on lit les paraboles de Jésus, on remarque qu’il avait un sens de l’observation hors du commun, ce qui rend ses petites paraboles si savoureuses. Dans celle de ce matin, on remarque que Jésus a observé les chicanes des petits enfants sur la place publique. Il se souvient peut-être de ces après-midi de son enfance quand tous les jeux s’arrêtaient brusquement à cause de la mauvaise humeur de quelques-uns.
En deux petites minutes, Jésus nous trace tout un portrait de la scène qu’il voit. Sur la place publique, il y a deux groupes d’enfants qui sont assis à distance l’un de l’autre : les bons enfants et les mauvaises têtes. Les bons enfants proposent aux autres de jouer aux noces, mais ça ne marche pas. Alors, ils proposent de jouer un jeu triste où il faut apprendre à pleurer et à agir comme si c’était des funérailles, mais rien à faire. Finalement, tout le monde s’ennuie.
Jésus veut nous faire comprendre que ceux qui refusent de croire au Christ sont comme ces enfants qui ont mauvaise tête et qui boudent et refusent les jeux proposés. On dirait qu’ils ont toujours de bonnes raisons de ne pas accepter celui qui leur parle. Ils ne veulent pas se repentir avec Jean-Baptiste ni se réjouir avec Jésus.
Ça n’a l’air de rien, cette petite parabole, mais elle comporte tout un enseignement qui prend un sens bien particulier en ce temps de l’Avent.
Dimanche prochain, toute la liturgie est traversée par un appel à la joie. C’est un temps joyeux, le temps de l’Avent, un temps éclairé par l’espérance du Messie, un temps où on fait place à la lumière, à la musique, au besoin d’être ensemble, de se réunir pour accueillir Celui qui vient. Mais ce temps vient nous appeler à la conversion, comme le prêchait Jean-Baptiste. Il vient nous rappeler que la grâce offerte, ce n’est pas une grâce à bon marché. L’Évangile nous appelle constamment à un changement de vie, à témoigner de l’amour reçu, à vivre d’un amour concret qui traduit le dessein bienveillant de Dieu pour l’humanité.
J’ajouterais aussi que la petite parabole de ce jour est une annonce de Noël, de l’arrivée dans le monde d’un enfant faible et démuni, reposant sur la paille d’une crèche pour nous racheter. Cet enfant sauveur, des hommes l’ont regardé avec mépris et ont cherché à le faire disparaître. D’autres sont passés devant lui dans l’indifférence totale, ignorant sa véritable identité. D’autres encore lui ont rendu visite, lui ont rendu hommage en lui offrant des présents précieux.
Si dans sa petite parabole Jésus nous parle de ceux qui refusent de croire, tout change à la fin de l’évangile quand il nous dit :
« Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait ».
La sagesse de Dieu est reconnue juste par ceux et celles qui croient, qui savent reconnaître Dieu dans ce qu’il fait, qui deviennent ses enfants.
Disons au Seigneur, ce matin, que nous acceptons la double invitation qu’il nous fait, celle d’entrer dans la joie de sa présence et celle de témoigner de son amour.
