13-décembre-2017

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 13 Décembre 2017

( Matthieu 11, 28-30 )

 

Ça fait donc du bien d’entendre Jésus nous dire qu’il est doux et humble de cœur, de l’entendre nous inviter à aller vers lui pour trouver le repos parce que son joug est facile à porter et son fardeau léger.

 

Si Jésus prononce ces mots, c’est qu’il vient de circuler à travers le pays. Il a vu que les gens n’avaient pas la vie facile, que les foules étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger (Mt 9,36) et il est saisi de compassion devant tous ces gens qui souffrent et il veut les soulager.

 

Ça fait bien du bien d’entendre ces paroles de Jésus parce que nous croyons que Dieu continue de regarder les foules d’aujourd’hui qui sont abattues. Pensons aux foules épuisées des pays les plus pauvres, à ces gens qui quittent leur pays au risque de leur vie pour se retrouver dans d’immenses camps de réfugiés, à ces femmes et ces hommes de chez nous, insatisfaits et même souffrants de dépression. Le regard du Christ se pose sur chacun des enfants de son Père qui vivent une vie difficile à qui il veut redire :
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ».

 

« Apprenez de moi, car je suis doux et humble de cœur », nous dit Jésus. La douceur est souvent perçue dans notre monde comme une grande faiblesse, c’est vrai qu’elle semble l’être parfois, et pourtant la véritable douceur exige une grande force. Il faut être drôlement fort pour donner un supplément d’attention aux autres, pour laisser à l’autre tout son espace, toute sa richesse, toutes ses chances de vivre. C’est cette douceur qui fait en sorte que le joug est facile à porter et le fardeau léger.

 

 Jésus nous promet le repos, mais il pose une condition :
« Prenez sur vous mon joug… Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Le joug du Christ qui soulage au lieu d’écraser, c’est la force de l’amour, c’est le commandement qu’il nous a laissé. Le vrai remède aux blessures de l’humanité est cette règle de vie fondée sur l’amour fraternel qui, lui-même, a sa source dans l’amour de Dieu. Essayez de revoir dans votre vie les moments où vous avez été les plus heureux, les plus heureuses. Vous allez découvrir que ce sont, presque toujours, les moments où vous vous êtes oubliés pour poser un geste d’amour.

 

Déjà le prophète Jérémie l’avait remarqué et en faisait part aux siens. Il leur avait dit un jour :
« Où donc est le chemin du bien? Suivez-le, et trouvez pour vous-mêmes le repos. » (Jér 6,16)
La paix de l’âme, le repos pour le prophète, impliquait déjà un choix qui manifestait un accord profond avec Dieu. C’est cette paix qu’on expérimente quand nous mettons nos pas dans ceux de Jésus qui nous le dit lui-même dans l’évangile :
« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur ».

 

Nous venons tout juste de célébrer la fête de l’Immaculée Conception. Que la Vierge Marie nous aide à prendre sur nous le joug de Jésus pour faire l’expérience de la paix intérieure et du repos. Prions-la de nous aider à devenir à notre tour capables de consoler nos frères et sœurs qui avancent péniblement sur le chemin de la vie.