Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 Décembre 2017 ( Marc 1, 1-8 )
THÈME DE L’AVENT : « Oser y Croire »
2e Dimanche de l’Avent : Le temps de Dieu
NOUVELLE ANNÉE LITURGIQUE « B »
Liturgie des Heures semaine : II
C’est à se demander si on n’a pas perdu l’habitude d’entendre de bonnes nouvelles. Révolte dans les pays arabes, feux dévastateurs aux États-Unis, perte d’emploi à Lévis. Ma voisine me demande de prier pour sa meilleure amie atteinte d’un cancer, et je pourrais continuer. Pouvons-nous entendre de bonnes nouvelles parfois? Oui, nous dit saint Marc! C’est la première phrase de son évangile :
« Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu… Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint. »
Si la Bonne Nouvelle a commencé avec la naissance de Jésus, le Concile Vatican II écrivait qu’elle se poursuivait toujours :
« C’est le Christ qui nous parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures. Il est présent au milieu des fidèles réunis en son nom pour leur faire entendre cette bonne nouvelle ».
Cette Bonne Nouvelle toujours à annoncer, c’est celle de l’amour de Dieu qui vient nous sauver.
Cette Bonne Nouvelle, le prophète Isaïe l’entrevoyait. Les siens sont en exil à Babylone et vivent des moments pénibles. Alors, il leur rappelle qu’ils ont déjà vécus comme des esclaves en Égypte, qu’ils ont erré pendant 40 ans dans le désert, mais que Dieu les a libérés pour les faire entrer dans la Terre Promise. Et allant plus loin encore, il annonce qu’un jour, ce sera Dieu lui-même qui prendra la tête de son peuple.
« Voici le Seigneur Dieu, il vient avec puissance et son bras est victorieux… Comme un berger, il conduit son troupeau… il porte les agneaux sur son cœur. »
Ce Dieu que le prophète annonce, c’est notre Dieu, celui qui a un parti-pris pour les opprimés, pour ceux et celles qui souffrent pour ceux et celles qui sont persécutés à cause de leur foi, pour les personnes déprimées et rejetées, les petits et les pauvres, pour toutes ces personnes que nous portons dans notre prière aujourd’hui parce que nous croyons qu’il ne les abandonne jamais.
Isaïe et Jean Baptiste nous révèle que notre Dieu est celui qui fait toujours les premiers pas. C’est lui qui prend l’initiative de venir à notre rencontre pour nous dire que nous avons du prix à ses yeux et nous révéler que le mal n’aura jamais le dernier mot. Si c’est Dieu qui fait les premiers pas, que nous reste-t-il à faire?
« Préparer le chemin du Seigneur, aplanir la route », nous dit Jean-Baptiste.
En ce temps de l’Avent, nous nous rappelons que le Seigneur vient nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos joies et de nos épreuves pour nous révéler qu’il est toujours avec nous, toujours tout près de nous. C’est nous qui sommes souvent ailleurs. Nous nous laissons encombrés par toutes sortes de bruits, incapables d’écouter le Seigneur qui a quelque chose d’important à nous dire, incapables de supporter le silence, et pourtant c’est là que le Seigneur nous parle.
Jean-Baptiste nous le fait comprendre. Lui, le plus grand des prophètes, ne s’en va pas à Jérusalem, au milieu de la foule et du bruit de la ville, mais dans le désert. C’est dans le silence qu’il rencontre son Dieu et qu’il devient capable de proclamer la Bonne Nouvelle. Nous avons besoin, nous aussi, de nous réserver des moments de silence, de nous mettre dans un état d’accueil pour entendre le Seigneur qui frappe à notre porte parce qu’il veut nous rencontrer et nous parler au cœur.
C’est ce que nous vivons en ce moment. Nous sommes ici pour ouvrir la porte de notre cœur au Seigneur, mais à la fin de la messe, nous serons envoyés pour aller préparer les chemins du Seigneur dans notre monde où il y a tant de montagnes à abaisser et de passages tortueux à rendre droits. Nous rencontrerons des personnes qui souffrent, écrasées par des difficultés de toutes sortes. Comme Isaïe, donnons-leur une bonne nouvelle, des raisons de vivre et d’espérer en raison même de notre foi. Travaillons à rendre notre monde plus humain comme notre Dieu qui a toujours un parti-pris pour ceux et celles qui souffrent.
Le Christ qui vient nous rencontrer dans l’Eucharistie, c’est lui qui vient nourrir notre espérance et nous donner son Esprit de force et de persévérance. Portons dans notre prière toutes ces personnes qui accueillent et consolent, qui donnent des raisons de vivre et d’espérer.
« Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées! … Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé. »
