Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 Décembre 2017
( Luc 5, 17-26 )
L’évangile que nous venons d’écouter, c’est vraiment un de mes préférés. Aujourd’hui, j’ai pensé m’arrêter sur le regard de Jésus. Le regard qu’il porte sur la scène que saint Luc nous raconte vient nous dire quelque chose du regard que Dieu porte sur nous et sur tous les humains.
Il voit la foi de ces quatre hommes qui descendent un paralytique devant lui. Il y avait trop de monde devant la porte, mais ce n’est pas ça qui les arrête. Ils montent sur le toit de la maison, le défont, j’aurais aimé voir le visage du propriétaire, et descendent le paralytique devant Jésus. Jésus voit leur foi, fait remarquer saint Luc. C’est donc une belle image de l’Église qui, comme les porteurs, a comme mission de porter tous les paralysés du monde pour les présenter à l’amour et à la tendresse de Dieu.
Et puis, Jésus voit le paralytique, un homme en détresse physique, couché à vie, incapable de se lever et de marcher, complètement à la merci de ceux qui veulent bien l’aider. Et voyant toujours plus loin, Jésus voit que cet homme, comme tous les autres, souffre d’une paralysie intérieure, celle du péché. Sa paralysie représente tous ceux et celles qui souffrent d’une immobilité spirituelle qui les rend incapables de suivre le Christ et d’aller vers les autres.
Mais Jésus voit encore bien plus loin. Il voit dans l’homme qui est devant lui un homme que Dieu regarde avec amour, un homme que Dieu veut libérer en profondeur.
« Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur terre le pouvoir de pardonner les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralysé; lève-toi, prends ta civière et retourne chez toi. »
Toute une surprise! Surprise pour les porteurs et le paralytique qui n’étaient pas venus chercher le pardon, mais la guérison! Surprise pour les scribes et les pharisiens qui sont scandalisés! Surprise de la foule des témoins
« qui sont saisis de stupeur » en disant « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ».
Il me semble que l’évangile vient nous faire comprendre que le pardon, ça va très loin. On voit bien que ce qui intéresse Jésus, ce qui intéresse Dieu, c’est de reconstruire cet homme, de le remettre debout, de le rétablir dans sa dignité profonde d’enfants de Dieu. C’est toujours ça qui intéresse le Seigneur!
En présence du péché, c’est lui, l’offensé! Et pourtant, au lieu d’attendre de façon hautaine qu’on lui demande pardon, c’est lui qui s’avance et propose le pardon que le paralytique n’a pas demandé. Dieu, c’est un amour dévorant qui s’approche pour dévorer notre péché. Dieu, c’est quelqu’un qui accorde priorité au pécheur, qui se montre rempli de prévenance et de miséricorde, qui n’a qu’un seul désir, nous rétablir dans notre dignité d’enfant de Dieu. Personne n’est exclut de son salut.
Et finalement une dernière surprise!
« Je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. »
Il n’est pas le seul. Les témoins aussi rendaient gloire à Dieu en déclarant avoir vu des choses extraordinaires. Comme cet homme guéri et pardonné, comme la foule qui est là, rendons grâce à Dieu pendant notre célébration. Nous avons tous de multiples raisons de lui dire merci, surtout que, comme le dit le psaume, notre Dieu vient nous sauver, son salut est proche.
