09-décembre-2017

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 9 Décembre 2017

( Matthieu 9, 35-10,1-8 )

 

On lit des extraits du livre d’Isaïe depuis plusieurs jours. Et on se rend compte, de plus en plus, comment il était un prophète d’espérance. Pourtant, à son époque, les gens vivaient des temps très difficiles. C’était la guerre tout autour du pays. Les armées assyriennes sont là, ce qui n’annonçait rien de bon. Les gens entendaient parler de ce qui se passait chez les voisins, des massacres, de l’esclavage, des déportations. Pas facile de garder espoir dans un contexte pareil! Mais Isaïe tente de réconforter son peuple :
« Tu ne pleureras jamais plus… à l’appel de ton cri, le Seigneur te fera grâce. »
 Il annonce avec assurance que tout va changer avec l’arrivée du Messie qui va voir à ce que le croyant ne manque de rien.
Aujourd’hui dans l’évangile, on voit Jésus poser des gestes sauveurs et être épris de compassion envers les foules. Il nous invite à prier et à lui faire confiance parce que c’est lui notre secours.

 

Oui, il faut prier, nous dit Jésus.
 « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ».
 Il faut prier parce que les ouvriers sont peu nombreux, il faut prier parce qu’il y a un manque. Il faut bien le remarquer, c’est Jésus lui-même qui parle de manque avant d’envoyer ses disciples en mission, deux par deux. Jésus nous laisse entendre que ce manque qu’il constate va durer aussi longtemps que la mission de l’Église. L’Église sera toujours en manque d’ouvriers et d’ouvrières. C’est pour ça qu’il faut tenir constamment dans la prière, revenir au Seigneur, à longueur de vie, pour lui demander d’envoyer des ouvriers parce que le travail à faire sera toujours au-dessus de nos forces.

 

Prier d’envoyer des ouvriers, c’est la seule consigne que Jésus nous donne devant les immenses besoins de notre monde.
Prier, non d’une manière résignée, mais dans une supplication confiante.
Prier, non pas comme si on était battu d’avance, mais en étant certain de la victoire de Jésus. Prier, non pas dans l’impatience comme si Dieu y mettait de la mauvaise volonté, mais dans la joie très douce de rejoindre la volonté du Père qui veut que tous les hommes soient sauvés.
Prier, non pas en gardant les yeux sur nos misères ou notre indignité, mais en contemplant le cœur de Dieu qui met toute sa joie à dépasser nos espérances.

 

Jésus nous a légué une certitude incroyable, une confiance dans l’avenir que nous avons du mal à imaginer, la certitude de la victoire de Dieu. Là où on ne réussit pas à voir grand-chose, Jésus, lui, voit déjà le blé qui lève comme nous le rapporte saint Jean qui fait dire à Jésus :
 « Ne dites-vous pas : “Encore quatre mois et ce sera la moisson”? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. » (Jn 4,35)
C’est cette certitude de Jésus qui doit marquer notre prière au Dieu de la moisson. Il faut toujours réclamer avec enthousiasme de nouveaux bras, de nouveaux cœurs missionnaires.

 

Jésus disait à ses disciples :
« C’est pourquoi, je vous le dis : tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez obtenu, et cela vous sera accordé. » (Marc 11,24)
Alors, accueillons dans la paix ce qui nous viendra du cœur du Père.