08-décembre-2017

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 8 Décembre 2017 – L’Immaculée Conception

( Luc  1, 26-38 )

 

Qui est-ce que nous fêtons aujourd’hui?
La Vierge Marie, bien sûr.
Une prière du 4e siècle nous situe encore mieux en disant :
« Vous êtes toute belle, ô Marie, toute belle! Il n’y a pas de tache en vous. Quelle grâce répand, quel charme rayonne votre Conception immaculée! »

 

C’est donc « La toute belle » que nous fêtons ce matin, celle que l’ange a saluée comme « Comblée-de-grâce » parce que le Seigneur est avec elle.
Et pourquoi « Comblée-de-grâce »?
Parce que Dieu était présent et vivant en elle dès les premiers moments de sa vie, parce que, par une faveur toute spéciale, elle était sans péché dès le moment où elle fut conçue.

 

Impossible de reconnaître l’Immaculée Conception sans prendre conscience en même temps du péché originel! Fêter l’Immaculée Conception, ça vient nous dire quelque chose d’important, à savoir que la grâce de Dieu est plus grande que le péché, que la grâce de Dieu est capable de vaincre le péché et la mort. Nous savons bien que le péché nous blesse, que, même pardonné, il laisse des traces. Rien de tout ça chez la Vierge Marie! Pas de péché, pas de traces! Par le fait même, Marie devient douée de forces spirituelles et d’une liberté totale. Il lui fallait une foi totale, une confiance exceptionnelle, une liberté qui ne tremble pas pour accepter la mission exceptionnelle que Dieu voulait lui confier.

 

On peut difficilement célébrer la fête de l’Immaculée Conception sans tenir compte des trois grands moments de la vie de Marie qui s’y rattachent et qui, en plus, viennent nous toucher profondément.

 

Le premier moment,
c’est celui de l’Annonciation dont saint Luc nous fait part dans l’évangile ce matin. Le pape Pie IX, quand il a proclamé le dogme de l’Immaculée Conception s’y référait explicitement. Quand l’ange Gabriel salue Marie en disant :
« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi »,
il affirme déjà que Marie devait toujours être épargnée du péché. Je l’ai dit tantôt, mais je pense qu’il faut constamment y revenir. Cette affirmation de l’ange, si elle s’adresse d’abord à Marie, nous touche beaucoup. Elle vient nous dire que la grâce de Dieu est plus puissante que le péché. Je pense qu’il faut mettre ça dans notre tête et dans notre cœur.

 

Le deuxième moment,
c’est celui de l’incarnation, celui que saint Jean décrit au tout début de son évangile en écrivant :
« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ». (Jn 1,14)
Parce que Marie a dit « Oui », l’histoire a complètement changé à partir de ce moment-là. Ce moment vient aussi nous rejoindre profondément dans nos vies parce qu’il nous fait comprendre qu’avec le « Oui » de Marie, Dieu décide d’agir avec puissance dans nos vies.

Le Verbe se fait chair dans nos vies, dans nos communautés quand nous écoutons la Parole de Dieu, que nous la méditons et que nous la mettons en pratique comme Marie. Le Verbe se fait chair quand nous témoignons que nous sommes remplis de foi, d’espérance et d’amour, comme Marie. C’est une prière qu’on peut faire à l’Immaculée ce matin; la prier pour que nos paroles et nos gestes traduisent que Dieu se fait chair en nous, dans notre communauté, et pour le bien du monde.


Le troisième moment
de la vie de Marie qui vient nous toucher, c’est celui de son voyage final dans la plénitude du Royaume de Dieu, celui qu’on décrit par l’Assomption de Marie au ciel. Les merveilles que Dieu a accomplies dans la vie de Marie dès sa naissance immaculée, il les a poursuivis au cours de sa vie et jusqu’à la fin de sa vie sur terre. Ce mystère vient nous toucher beaucoup lui aussi. Comme pour Marie, Dieu est intervenu dans notre vie, dès le début, en faisant de nous ses fils et ses filles par le baptême, et en nous promettant dès ce jour-là en nous promettant qu’un jour nous aurions part à l’héritage de Jésus de Nazareth.

 

Je termine avec des mots de la prière du IVe siècle adressée à la toute belle.

« Ô, Marie, vous avancez, telle l’aurore rutilante,
apportant la joie du salut.
De vous, Dieu notre Christ, le Soleil de justice a surgi,
ô Porte étincelante du jour!
En vous, nous espérons la vie et la vertu,
et la grâce, et la voie à toute vérité.
À votre suite nous accourons
sous l’attrait qui émane de vos parfums. »